Il est des jours …

Il est des jours où il ne passe rien d’extraordinaire,

Un souffle léger, une respiration.

Où un oiseau se pose, une pulsion s’ouvre, un chant,

Un seconde de vie à l’état pur !

Il est des jours où il ne passe rien

Juste un minuscule moment doux

où se condensent l’hier et le demain

Dans un présent infime et malin

Il est des jours où il ne se passe rien

Où tout respire, où tout s’anime,

Où tout devient évidence, comme une larme de joie

Un pur rayon de soleil dans le frais d’un petit matin

Il est des jours où rien ne se passe

Où dans le silence tout se dit

Tout de consomme

Tout s’abandonne

Il est des jours où rien ne se passe

Et où tout l’extraordinaire est là !

Cat

Luna …

Luna somnambule
Rêve
A la nuit close
Ou si là, de vent  
Ou si là, de grandes étoiles.
Sur la main, posée
Blanche sur le drap rosé
Un baiser sous l’ombre du petit jour
Après des nuits où se découpe
Le feu des visions
Ou est-ce le bruit de l’eau
D’où tu ressors hors la brume
Marchant, pleurant, nu sous le ciel
Tu es le grain et l’ivraie
Tu es
Mais où te poses-tu ?
Dans quel regard te caches-tu, toi ?
Quand tu crois voir
Alors que tu fermes les yeux,
Appelant à la Lune
Nue
A son balcon

tu les
tu je te le dis
tu
 

Merci à Pant http://pant.savarts.com

et à Lutin http://secretslutin.canalblog.com/

Une seule couleur

Une seule couleur
Au creux d’un soupir
Un soleil et un seul mot pour éclaircir
Encore
Un sourire au fond des larmes
En pluie qui sans rire
Allume un feu, un volcan, une fournaise
Enfin un clin d’œil
Bleu ou vert ou
Rien ne se fane, rien ne se meurt
Même sur un autre chemin.
Des souvenirs à jamais présents
Une couleur
Au creux d’un inspir où se niche le souffle d’un gamin à l’éclat de rire libre et vif !
Cat
Merci Pant

Silence …

Probablement les jours de matins blancs
Les flocons neigeux s’endorment
Face à ces horizons plus vastes que dedans.

J’entends la neige
Et mon corps danse
Même si, comme à chaque fois, sur la place gelée,
Tu ne cours ni ne me rejoins
Jamais

De mes mains, tu glisses
De mes bras, tu t’évanouis,
Et je ris
Un rire de fou,
Lorsque la peur pousse
Les lendemains d’hiver.

Et la neige frissonne
Aux nuits bleues
Face à ces horizons plus grands que dehors.

Tu fuis, et moi je ris encore
Vers le ciel
De ce que tu ne veux, de ce que tu ne sais,
A ce que Diable ou Dieu ne plaise.
 
Et si le vent rugit
Lorsque le feu surgit,
Tout alors s’embrase
Au creux de la nuit tiède,
Comme un silence qui ne sait
Comment se dire !
Cat
 
Hommage à mon ami Pant éternel inspirateur !
http://pant.savarts.com/

Marc Faye est mort un 19 septembre …

Marc Faye est mort un 19 septembre …
Vous allez dire mais qui est ce Marc Faye ? Et même en faisant tous les efforts du monde, je ne parviendrai pas ou très imparfaitement à vous le présenter. Homme de gauche, de conviction, engagé dans ses pensées comme dans ses actes, un tantinet révolutionnaire, il était de ceux qui hurlait après la bêtise humaine et qui pourtant croyait toujours en un demain meilleur. Il est parti à 60 ans, presque sans un mot, d’une sale énième opération d’un cœur usé.
Marc, j’ai vécu avec lui 8 ans dont 7 réellement en couple. Dire que je l’ai aimé n’est pas mentir, même si pour moi l’amour a différentes saveurs …  Marco est mort, ses enfants m’ont appelée et mon passé m’est soudainement revenu comme un boomerang. Finalement rien ne s’oublie jamais, la mort ne nous sert qu’à mesurer le néant insondable vers lequel nous allons et pire toutes ces erreurs accumulées, ces choses remises à plus tard, ces engagements qu’on ne prend pas.  Je me souviens de ce jour déjà bien loin et pourtant soudainement si près où je l’ai quitté définitivement et où il m’a demandé en mariage. Aurais-je du dire oui ? Je ne sais pas, je ne crois pas, en tous cas mes regrets ne sont pas là …
Ce post tout triste n’est pas destiné à faire larmoyer les foules, c’est juste pour moi une façon d’extirper la tristesse que je ressens, et ce vide chagrineux qui certainement ne se comblera pas. Chaque mort m’a enlevé quelque chose, définitivement.
La mort balaie tout, aucun sentiment, c’est l’heure et c’est tout ! Et puis nous avons beau tous nous dire comme pour nous rassurer que la mort fait partie de la vie, il n’empêche que quoi que l’on pense, la mort ne nous laisse plus aucun choix, aucune opportunité ni de vivre ni de dire pardon ou je t’aime ou je suis là, de faire ce que sans cesse nous renvoyons à demain comme si nous avions l’éternité … un instant, une fraction de seconde et la mort est là .. trop tard ! Et ces bons sang de mots, actes que vivants nous n’avons pas su dire, n’avons pas su poser … ne servent plus à rien et à personne !

Marco est mort, ce n’est pas la fin du monde, c’est juste la fin de son monde à lui et un peu du mien.

Il sera incinéré à Asnières le 24 septembre et j’y serai … en pensées !  Je n’ai pas le culte des morts.

chaîne “alimentaire” stupido !

1- un aliment ou produit que je n’aime pas du tout.
La soupe à la grimace, aigre et indigeste au possible
2- mes trois aliments favoris.
Des baisers sucrés dans le cou
Des matins crémeux et câlins
Des mots doux et acidulés
3- Ma recette favorite
Une grasse matinée avec café, miel et pain frais et beurré
4- Ma boisson favorite.
Hummmm la pudeur m’arrête J
5- Le plat que je rêve de réaliser et que je n’ai toujours pas fait.
Un gâteau d’amour aux fruits de la passion

6- Mon meilleur souvenir culinaire.
Ma première fois, onctueuse comme une crème fraîche fouettée, douce comme une peau de pèche bien mûre, épicée comme une pointe de piment d’Espelette, tendre comme un sushi délicieux, une chance de débutante novice en art culinaire …
Le fautif de cette chaîne alimentaire stupide :
Prax le grand !
http://cruditeetfleurbleue.blogspot.com/

et sa suite :
chez ‘No qui hait tellement de choses que je suis curieux de voir ce qu’il aime en cuisine
chez Xan pour qu’il arrête deux secondes avec sa cuisine politique
chez Marco qui en connait un rayon en cuisine quand il ne se prend pas pour Bernie Bonvoisin
chez Gabilatruffe s’il ouvre enfin un blog de recettes
chez Fredlafleur s’il se décide à ne pas mettre une photo

C’était une femme entre pas d’âges…

C’était une femme entre pas d’âges,
Déjà bien trop vieille de toutes façons,
Le teint terne et bouffi
Et le ventre gonflé
De trop de mauvais vins.
Elle s’était assise là,
Au milieu d’la rue,
Dans un moment de faiblesse extrême,
Puis progressivement glissait dans l’oubli
Quand je suis passée, j’ai pas vu ses yeux mais
J’ai su qu’elle allait mourir,
Le teint noir déjà, le souffle court, le gasp
J’ai tenu sa tête pour pas qu’elle se blesse,
Et puis la main sur son pouls
J’ai fait le 18. Au secours !
Mon ptain portable ne prenait plus les 1,
J’ai biaisé pour appeler quand même,
Les pompiers qui me disaient
Dites nous si elle est seule,
Ben oui elle est seule
Une pauv’femme noyée dans le vin et le chagrin
Qui va mourir là parce que l’amour
Elle sait plus bien ce que ça veut dire !
Et puis le médecin du SAMU qui me dit
On arrive !
Ils sont arrivés vite, de jeunes pompiers
Confrontés à tout ce malheur,
Vraiment j’les admire.
Massage cardiaque, masque à oxygène,
Médecin du Samu,
Brancards, sirènes !
Le teint de la femme que je ne connaîtrais jamais,
A repris quelques couleurs,
O pas beaucoup non, trop d’alcool dans le sang,
Trop de peines dans le cœur,
Trop de solitude dans la vie.
La mort encore pas loin !
Oui je sais c’est une histoire triste
Mais c’est une histoire de tous les jours,
Une de celles qui croise parfois votre vie
Et vous laisse avec un goût amer dans la bouche
Un haut le cœur !
J’ai dit aux Pompiers
C’est Ok ?
Oui merci pour elle et le regard de ce jeune dans le mien, j’suis partie,
J’sais pas si elle s’en est sortie
Peut-être ou pas et à bien y réfléchir
P’tête que c’est mieux comme ça.
Pour elle 
J’sais pas trop !

J’sais pas vraiment

J’sais pas vraiment qui il est,

J’lai jamais su

Quelle importance.

J’ai vu juste ses yeux,

Des yeux de loup

Aux abois

Et puis des silences

Comme des mensonges

Une vie en macramé !

Eté comme hiver

Il grelottait,

Non de froid,

Juste la trouille

Collée à son ventre

Mais il criait même pas peur

Avec des bulles de rêves

Tout autour.

Il disait un jour

J’irai en Patagonie

Un jour la liberté

Un jour quand j’serai sorti de ma prison,

Quand j’aurai plus mes chaînes

Avec mon p’tit sac, j’partirai !

Il était touchant

J’regardais ses yeux et j’pensais

Dommage !

Des rêves à pas chers

Mais ptêtre que l’essentiel

C’est d’y croire

C’est sûrement ça la liberté

Partir même si c’est qu’en songe !

Un jour j’suis partie

J’lai plus vu

J’lai plus su

C’est ça la vie,

Je crois qu’il est resté là,

Comme une ombre

Dans la rue !

J’sais pas vraiment qui il était,

J’le saurai jamais

Quelle importance.

J’me rappelle juste ses yeux,

Des yeux de loup

Aux abois

Et puis des silences

Comme des colères

Dans une vie de mascarade !

Cat

re essai slam - je sais normalement on le déclame mais … toute ressemblance avec des personnages existants ne serait que pure coïncidence !

Parts-semées

Mon ami Pant vient de créer un espace pour un petit jeu avec les mots, sur les mots 

http://partsemees.savarts.com/ 

Inscrivez vous si ça vous tente, contribuez, venez créer avec Lui/nous/moi, et créons une dynamique légère et poétique. 

Seulement deux règles pour écrire un Parts-semées 

-doit finir par “qui retombe” conjugaisons autorisées. 

-doit comporter 12 blocs. 

Il y a déjà deux niveaux d’écriture qui semblent se dégager; le Parts-semées original, et le Parts-semées remixé, recomposé. Sur la version recomposée, les règles ne s’imposent pas, mais on peut toutefois respecter la première. 

Je vous mets un exemple de la chose quand même, soyons clairs. 

D’eau espacée 

  

Il pleut                                        Deux lunes
            des étrangères
Et                                                                    Qui s’exaspèrent
       Montent                      Montent et
                                                               À la part                          fin
            De l’eau
         Des grelots
                                                                                      Qui retombent 

 

 

Et ces matins …

Et ces matins mornes qui suivent d’autres hiers sombres,
Où le malaise se collait à un autre lui-même si mal à l’aise,
Pour ne plus être seul, pour être bien,  pour être ailleurs comme le chante le grand Jacques
Et pleurer sur quatre mains à se tordre du désespoir
D’être absent à soi même domicilié à ses baisers.
Et puis un matin clair suivant un hier morne,
Le rire s’impose, le rire à ses brisures comme à ses éblouissements,
Et puis écrire encore à l’encre rouge de ses griffures
Presque oubliées… Et les recracher pour y dessiner
De vraies belles plages au sable si fin
Et y construire un château non pas en Espagne ni même de sable,
Y vivre libre, y inventer de nouvelles belles habitudes,
Sortir enfin de la souffrance enfance,
Et ne plus se consumer qu’à l’amour vrai,
A deux mains ouvertes !
C. 

Merci à Pant éternel inspirateur