La lune …

Moi la Lune, bien que sans lumière propre puisque reflet du soleil, je vis pourtant plus librement car je parcours des phases diverses et modifie mes formes intimement liées à la causalité et à l’impérieux pouvoir féminin.

Je n’obéis qu’à la loi universelle du devenir, de la naissance et de la mort … et maîtrise tous les plans cosmiques : eaux, pluie, végétation, fertilité … en mesure du  temps qui passe inexorablement.
J’incarne le premier mort car pendant trois nuits je disparais pour mieux réapparaître dans une éclatante beauté ; ainsi j’éclaire de ma lumière l’immensité des ténèbres et même si je ne suis connaissance que par réflection, je symbolise les portes du ciel et des enfers …
Naturellement passive, je féconde pourtant la nuit, le subconscient, l’imaginaire, le psychisme, le rêve et suis par excellence l’âme animale, méconnue, primitive, impulsive, crépusculaire, intensément attirante  …

Ma chanson est celle de l’âme perdue dans le songe de la vie …

S’égarer en moi serait sans doute renoncer à la lumière du soleil car j’éclaire le plus dangereux des chemins qui soit : celui de l’ivresse des instincts … mais j’offre aussi la possible confrontation à l’impudeur de ses vérités …

Cat 2006 (… en réponse)

Je les …

Je les ai vus, dans ces espaces sablés aux multiples grains matriciels, ces chevaux noirs, écumant et galopant comme le sang bouillonnant des vaines, sur gisant des nuits de songe de pleine lune des entrailles même de la mémoire du monde … Là où mort et vie se livrent en lutte a charnée au feu destructeur inondé des os asphyxiant en déferlance du désir inassouvi, à l’hymne âge du temps.

« Le cheval noir court, ta terre tremble et de ses naseaux la flamme sort, de ses oreilles la fumée, sous ses sabots jaillissent des étincelles ».

Dans cette nuit noire et profonde, le cavalier aux yeux bandés n’a d’autre dilemme que de suivre la bête pour échapper à la folie de la mort … et s’embraser au mystère triomphal de la « Parole Perdue » inaccessible à sa raison. Tout le combat là consiste à s’assurer du retour à l’union divinisée de l’Un et de l’Autre en désir et conscience réconciliés au jeu subtil et éternel de l’amour.

Je les ai vus ces chevaux écumants de rage et de tempête, agiter mes nuits aux canines aiguisées, écartelant de leurs sabots sang vergogne mes chairs à nue et éclatant mon âme à la lave incandescente de ma passion …

Cat 2006

Comme …

Comme une angoisse perfide, un malaise putride là en sous jacence étrille à sang mon cœur ce matin … fouillant mon ventre en tentacules gluantes et bouillantes … ah surtout, surtout étouffer le sanglot qui monte à ma gorge éraillée de maux et de cris en lame aiguisée … je sens en pointillé que là quelque chose surgit de l’ombre, tapie depuis toujours dans les méandres de mes peurs intestines … un vouloir, un désir, une envie inassouvis … un de ces soupirs qui échappe à trop le désirer … comme cet agacement des maxillaires à l’odeur alléchante … une urgence là blottie au creux de mes rêves insensés qu’une distance d’à peine quelques mots sépare … je veux me fondre, me dissoudre, me distendre, m’abolir au temps immoral et honnir tout objet de ma langueur érectile  … que la terre s’ouvre sous mes pas égarés et m’enfonce à jamais à la lave fumante de l’impossible … oublier en amnésie de cerveau malade jusqu’à ma simple existence et couler là dans la folie salvatrice et trépanante de mes vains espoirs … l’histoire de ma vie est écrite en tâches noires de suie, charbonneuse d’incertitudes, en maux dispersés au vent mauvais de mes délires … qu’on allume un feu de joie pour m’y brûler et disperser là mes cendres au son des tambours de la déraison … Et n’ayez pas de regrets, je n’étais qu’un simple mirage …
Cat 2006

un rêve …

Etait-ce un rêve quand dans mes nuits étirées comme des jours languissant de sa présence, je me suis abandonnée sous son regard façonnant à mon âme à nu, l’œuvre magistrale de toutes les transgressions sublimées …  

Lovée au creux protecteur de son cœur, je m’offre au secret des profondeurs … en jeu subtil de l’amour porté au plus haut, au plus loin … me laissant envahir de l’euphorique obéissance à nos inspirations révélatrices de nous-mêmes …  Je le laisse pénétrer là, en maître unique, ces espaces méconnus et inviolés exacerbant la nécessaire vérité de nos sentiments en aboutissement futur …  

Et je m’incline face à l’œuvre en devenir qui, non écrite encore, ne peut révéler tous ses talents …   MdeM 

 

 

Ho tanta fede in te … (Toute la foi que j’ai en toi)

Ho tanta fedi in te
Che durerà
Finché un lampo d’oltremondo distrugga
Quell’immenso cascame in cui viviamo.
Ci troveremo allora in non so che punto
Se ha un senso dire punto dove non è spazio
A discutere qualche verso controverso
Del divino poema.
So che oltre il visible e il tangibile
Non è vita possibile ma l’oltrevita
E forse l’altra faccia delle morte
Che portammo rinchiusa in noi per anni e anni.
Ho tanta fede in
E l’hai riaccesa tu senza volerlo
Senza saperlo perché in ogni rottame
Della vita di qui è un trabocchetto
Di cui nulla sappiamo ed era forse
In attesa di noi spersi e incapaci
Di dargli un senso.
Ho tanta fede che mi brucia ; certo
Chi mi vedrà dirà è un uomo di cenere
Senz’accogersi ch’era une rinascita.
Il grande poeta : Eugénio Montale (derniers poèmes 1979)
 


Toute la foi que j’en en toi
Durera
Jusqu’à l’éclair d’outre-monde détruisant
L’immense dépotoir où nous vivons
Lors nous nous trouverons en je ne sais quel lieu
Si dire lieu a un sens quand l’espace
Manque, discutant tel vers controversé
Du divin poème.
Je le sais, au-delà du visible du tangible
Point de vie possible mais l’outre-vie
Est peut être l’autre face de la mort
Cachée en nous au long de tant d’années.
Toute la foi que j’ai en moi
Tu l’as ranimée sans le vouloir
Sans le savoir car ici-bas
Chaque débris de vie contient une trappe
Dont nous ne savons rien et qui peut être
Nous attendait égarés incapables
De lui donner sens.
Toute la foi que j’ai me brûle ; certes
En me voyant on me croira de cendre
Sans s’apercevoir de ma renaissance.
 

Il est venu …


 

Il est venu là à pas comptés, se lovant au creux de mon cou, en noblesse, violant en caresses subtiles mes plus suaves envies inavouables, si bien enterrées au tombeau des armoires sombres et massives sculptées au bois des oublis, seuls remparts aux éraflures, éraillures des froides incertitudes collées aux bottes crottées du passé … 
Il est venu là, frapper à la porte entrebâillée de mes profondeurs de féline sauvage indomptable, et a caressé en effleurements aérials le pelage doux et tendre sous la cuirasse …. le ronronnement a jailli du fond des âges ensanglantés de haine, à la lisère de la folie en pointillé …
Il est 15 heures, je me vois sourire à la rue qui m’éclabousse, souveraine et libre, à peine vêtue, ventre explosé en trop tant … je souris et les hommes, aux regards glauques et vitreux des morts, ne comprennent pas … seuls leurs os frémissent à la violence paroxystique du consentement exalté à Lui seul offert …

J’accorde juste là au murmure du vent le privilège de soulever mes jupes noires dénudée composant à la cambrure en offrande en pointes érigées … mais
Nul autre que Lui n’aura ce droit, l’œil  bleu métal en poignard effilé et mortel refuse l’entrée …

Car

Nul autre que Lui ne sait entendre le hurlement de mes silences,
Nul autre que Lui ne sait répandre ce parfum guimauve aux couleurs auréolées,
Nul autre que Lui ne sait faire taire ce temps qui m’alanguie.

Je m’agenouille à ses pieds pour fêter nos retrouvailles comme en près sentiment, après tant de temps d’air rance, car ici tout à la senteur du tout et tout est dit …

Et passez votre chemin, mânes, l’histoire est trop sublime, faite de feu et de glace et le soleil se réchauffe …

Cat 2006

silences …

Dans les silences assourdissants du chaos sans rêve, l’absence envahie l’espace en lutte épuisante… 

La vie se consume aux ténèbres des abysses, noyée aux déserts rugissants des étreintes mortelles. Les cœurs en jachère s’engluent à l’orée effilée des violences écartelées. 

 

Cat 2006 

Mi et Ma …

Au bord des espoirs, en aliénance absurde, juste là à l’orée du précipice abyssal, composer sur les larmes noires et blanches de l’âme la partition en Mi et Ma et créer en murmure silence la mystérieuse mélodie de l’amour en co naissance … alors, enfin, se réveiller “Microthéos” ! 

Cat 2006 

ah l’amour …

Ah l’amour chavirant en irradiance auréolée de mandorle, le monde anéanti aux yeux du coeur seulement immergé dans l’indicible beauté à nulle autre pareille, goûtant enfin à l’existence majestueuse … ce n’est que par l’amour, l’unique, le sublime que l’incohérence de la vie peut disparaître à jamais … 

cat 2006

Scherzo … (épigramme)

Quando fanciullo io venni

A pormi con le Muse in disciplina,

L’una di quelle mi piglio per mano ;

E poi tutto quel giorno

la mi condusse intorno

A veder l’officina.

Mostrommi a parte a parte

Gli strumenti delle’arte,

E i servigi diversi

A che ciascun di loro

S’adopra nel lavoro

Delle prose e de’versi.

Io mirava, e chiedea : Musa, la lima ov’è ? Disse la Dea :

La lima è consumata : or facciam senza

Ed io, ma di rifarla

Non vi cal, soggiungea, quand’ella è stanca ?

Rispose : hassi a  rifar, ma il tempo manca.

 

Quand je vins tout enfant à l’école des Muses apprendre mon métier, l’une me prit la main et guida ma visite dans toute l’officine. Au long de la journée, tour à tour me montra les instruments de l’art et les divers usages que de chacun d’entre eux l’on fait dans le travail. De la prose et des vers, j’admirai, puis m’enquis : ” Mais, Muse, où est la lime ?” Et la déesse dit : “La lime est usagée ; désormais l’on s’en passe.” Et moi : “N’importe-t-il de la remettre à neuf, quand elle est émoussée ?”

Et j’entendis : “Bien sûr - si le temps me manquait.”

Giacomo Leopardi - Il maestro … In Canti