Un instant de silence dans une éternité,
A peine un souffle, un effleurement, un murmure peut être mais pas un mot,
Non, rien et ce tout dans ce rien … si plein …
A l’abri du tintamarre que font les hommes pour absolument s’entendre vivre …
Cat 2006
Je laisse filer des goûts en dégoûts pour éviter de me gangrener putride de l’intérieur et en corps me voir net dans les yeux noirs de nuit sans étoiles. Couchée contre son flanc, je rafraîchis mes jours à sa chaleur, je hume ses joies au vent de mes incertitudes, je goutte ses jouissances aux éclats de rire de mes espoirs … et il est là amant aimant âme en moi et je me rends contre à son attente …
Cat 2006
Chaque larme du soleil brûlait et ridait la peau, chaque grain de sable irritait et plombait les pas. Et devant l’immensité désertique apparaissait l’intolérable vanité, ombre grimaçante des certitudes et l’orgueil de se prendre pour quelque chose vrillait le cœur en une vaine attente inapaisée.
Là, courbé sous la fournaise, Etre oui mais dans cette fatuité pire que l’enfer où le commun a désormais un goût de cendres. Et appeler encore, pourtant conscient qu’aucune réponse ne peut subvenir dans un extérieur définitivement inexistant et qu’il ne peut y avoir nulle consolation, nul échappatoire, nulle trêve à l’insupportable recherche de l’Etre en Soi qui ne se trouve pas. Là comment accepter de passer à côté de l’essentiel et à l’horreur d’être déjà mort ? Alors s’échapper encore dans cette « fuite essentielle » pour ne pas se laisser engluer, ne pas devenir fou dans cette solitude et ce désespoir abyssaux, et dans cette « stupeur d’être » chercher toujours, dans la médiocrité d’un monde devenu sans saveur, à ne faire qu’un avec la flamme de l’âme qui ne connaît jamais ni le temps ni l’espace et ne veut toujours que l’amour et rien de moins.
Face à soi, se mentir est désormais impossible et la vérité dans sa nudité silencieuse et immobile est bien qu’ « avec toi, je suis sans désir sur terre », à jamais.
Cat 2006
Aux eaux de la lune en reflet changeant de ses quartiers indécis, surtout ne lâche pas sa main et ne détourne pas ton regard du sien de peur que l’obscurité t’engloutisse aux mémoires closes de l’oubli.
Tu serais alors à jamais perdu dans ce nulle part aux ombres floues où tes mains ne verraient plus, où tes yeux sans objet absorberaient jusqu’au moindre détail, t’enlisant à jamais dans l’indifférence mortelle du né en.
Ne t’éloigne pas de sa présence et garde au creux de tes intimes ton imaginale passion intacte et exaltée pour ne plus être réduit à toi-même.
Cat 2006

Huile sur toile et couteau 35X24
Je suis, oui, mais morcelée, éparpillée, en manque de la Présence innommable. Pourtant il m’arrive, au détour d’une absence, de m’approcher de la source à laquelle j’étancherais ma soif. Là, l’Etre m’effleure mais ne me touche pas et je perds le désir, égratignée à la nostalgie insensée qui m’habite et me foudroie.
En vérité, rien n’est à perdre sauf l’illusion du contraire. Tout est là, en immanence … Le chemin aussi sans savoir en retrouver toutefois la trace alors même que l’effet d’être dedans et non plus devant reste si vif à ma mémoire. Voici le souvenir de la peau dans la peau, l’amour de l’amour même en mystère silencieux. Ce Rien où tout me manque…
Assurément je pourrais sans doute vivre sans questions … Pas sans l’Autre, celui là même dans lequel je m’aime, dans lequel je trouve mon entièreté même si cet Autre n’est pas l’Un connu en moi mais à travers duquel je Le cherche et Le trouverai. Comment faire pour que l’Absence insondable ne me lacère plus de l’intérieur ? MdeM 2006