Je suis …
Je suis, oui, mais morcelée, éparpillée, en manque de la Présence innommable. Pourtant il m’arrive, au détour d’une absence, de m’approcher de la source à laquelle j’étancherais ma soif. Là, l’Etre m’effleure mais ne me touche pas et je perds le désir, égratignée à la nostalgie insensée qui m’habite et me foudroie.
En vérité, rien n’est à perdre sauf l’illusion du contraire. Tout est là, en immanence … Le chemin aussi sans savoir en retrouver toutefois la trace alors même que l’effet d’être dedans et non plus devant reste si vif à ma mémoire. Voici le souvenir de la peau dans la peau, l’amour de l’amour même en mystère silencieux. Ce Rien où tout me manque…
Assurément je pourrais sans doute vivre sans questions … Pas sans l’Autre, celui là même dans lequel je m’aime, dans lequel je trouve mon entièreté même si cet Autre n’est pas l’Un connu en moi mais à travers duquel je Le cherche et Le trouverai. Comment faire pour que l’Absence insondable ne me lacère plus de l’intérieur ? MdeM 2006




Je découvre votre site… et vos mots.
Echos de ceux que je n’ai pas formulés ; je suis touchée, vrillée.
Merci.
Françoise
Comme le jour n’est pas mieux seul
l’ombre est isolante à la lumière
et les sanglots s’enlacent
mouillés mouillés
tu t’avances parmi les dunes
sans te cacher derrière le vent noir
Alors le manque est dans les vagues
dans les flots qui se détachent
comme la vie qui en elles s’espace
mais s’approche toujours un peu plus près.
… et le sable avale les pas perdus au loin dans la lumière de la nuit qui s’efface …
cat
et la mer dans son reflux efface toute trace de ma venue vers toi.
Alors, face à la mer, j’ai crié ma peur, mon angoisse, ma désespérance, ma perte et lorsque, la vague passée je me suis retrouvé seul face à moi-même, je suis parti, en arrière, afin de donner à la mer l’impression que je venais juste de la pénétrer.