Ecoute dans le silence le temps prendre son temps pour créer de la douceur, des sourires, des étoiles dans les regards qui s’égaient à regarder soudain dedans. Le temps ne nous appartient pas, et ne va toujours que trop ou pas assez vite, ce n’est pourtant que la mort qui approche sèche et revêche … et si dans un seul milliardième d’absence de temps se tenait, tapie là, l’éternité de l’amour ?
Ecoute dans les cris de tes vacarmes la pendule qui sursaute et tressaute, tic tac, tic tac, égrenant sans pitié ce temps qui te vieillit, qui t’épuise à trop l’écouter passer vers demain, vers ailleurs, dans le pays qui n’est pas tien … écoute ta rage à aller dans cet avant, cet après, en quête de l’impossible présent …
Ecoute et entends ce temps illusoire qui t’en mène à l’abattoir sans avoir jamais atteint la rive tranquille où la mort est vaincue !
cat
Dans ces nuits brumeuses où l’esprit ne sait se reposer et ne cesse de questionner sans fin, la vie apparaît là comme un état informe et irrationnel où rien ne peut ni rassurer ni apaiser. Cette vie qui ne semble tenir qu’à la force d’un espoir inconnu, celui peut-être d’un autre demain, d’un éclair de lucidité, d’une réponse au pourquoi éternel alors que les événements semblent frapper sans discernement, en aveugle.
Comme il est difficile d’accepter de ne pas comprendre, d’avouer son impuissance et d’intégrer qu’au fond le sens même de sa vie échappe toujours.
Cat
Quand demain, je m’avancerai pour partir, ombre vaincue par le trop plein d’absences et l’espoir perdu de celle que j’aurais voulu être, déchirée de mes amertumes de n’avoir ni su ni pu aimer dans ce monde ceux qui, par mégarde, ou égarement, ou erreur se sont frottés au songe de mon cœur, je te parlerai, je me dirai pour que tu entendes et que mes rêves se cristallisent ailleurs dans un autre jour où la mort se fera douce et limpide comme eau cristal à ma bouche asséchée, je te raconterai l’histoire de cet amour enfoui dans mes entrailles, caressant ma peau et mes humeurs, je te montrerai comment j’ai su répondre à un désir qui me brûlait, comment je me suis consumée avec joie en l’Unique dans une éternité dans laquelle nulle autre que moi ne pouvait entrer, je t’offrirai le récit de mes jouissances non pas corporelles mais si plus, je t’exprimerai comment j’ai su que « le réel de l’amour est impossible entre les créatures » et alors dans l’Ailleurs où nous allons tous, tu comprendras et tu me pardonneras !
cat 2006
Io vedo il mondo come qualcosa d’incredibile
L’incredibile è cio che non si puo vedere
Fiori nelle matita Debussy sulla sabbia
In una sconosciuta località di mare
Ragazze dentro il fero in fondo all’abitudine
Minatori che scavano nella loro apatià
Reggiseni per gatti e degli industriali
Che lavorano per gli operai della Fiat
Io vivo altrove dentro la quarta dimensione
Dove è messa in fumetti la relatività
Vieni da me che sono la quercia ed il domani
Vieni da me c’è un fuoco che ti riscalderà
Io volo per la pelle in cieli di miseria
Io sono un vecchio Boeing dell’anno ottantanove
Parto il fiore tra i denti verso l’ultima guerra
Con macchine da scrivere dalle uniformi nuove
Io vedo pianoforti su ventri di ragazze
Ed in occhi di bimba la stereofonia
Uno scimpanzè di ghiaccio che canta la mia musica
Dolcemente con me e tu non parli mai
Tu non dici mai niente tu non dici mai niente
Qualche volta tu piangi come piangon le bestie
Che non sanno il perchè e non dicono niente
Come te l’occhio altrove mi fanno le feste
Io vedo moltitudini nel tuo ventre deserto
Io sono l’indomani il mio domani sei tu
Io vedo denudarsi fidanzati perduti
Alla tua voce lieve agni notte di più
Tiepidi odori sopra marciapiedi di sogno
Nel mio letto d’asfalte dentro a questa città
Sopra di me lo scorrere di ragazze e di spugne
Che trasudano il succo di questa folle età
Io vivo altrove dentro la dimensione ics
E osservo il mondo da una feritoia
Io sono il sempre il mai sono la ics
Della formula dell’amore e della noia
Io vedo tramvai blu su rotaie di pianto
Paraventi cinesi sotto il vento del nord
Oggetti senza oggetto e finestre d’artisti
Da cui escono il sole il genio e la morte
Aspetta vedo ancora una stella smaritta
Che ti viene a trovare e ti parla di me
La conosco da tempo vive alla porta accanto
Ma la sua luce è illusaria come te
E non mi dici niente tu non dici mai niente
Ma splendi nel mio cuore come splende una stella
Coi suoi fuochi perduti in sentieri lontani
Tu non dici mai niente proprio come una stella
Je vois le monde un peu comme on voit l’incroyable
L’incroyable c’est ça c’est ce qu’on ne voit pas
Des fleurs dans des crayons Debussy sur le sable
A Saint-Aubin-Sur-Mer que je ne connais pas
Les filles dans du fer au fond de l’habitude
Et des mineurs creusant dans leur ventre tout chaud
Des soutiens-gorge aux chats des patrons dans le Sud
A marner pour les ouvriers de chez Renault
Moi je vis donc ailleurs dans la dimension quatre
Avec la bande dessinée chez mc2
Je suis Demain je suis le chêne et je suis l’âtre
Viens chez moi mon amour viens chez moi y’a du feu
Je vole pour la peau sur l’aire des misères
Je suis un vieux boeing de l’An quatre-vingt-neuf
Je pars la fleur aux dents pour la dernière guerre
Ma machine à écrire a un complet tout neuf
Je vois la stéréo dans l’oeil d’une petite
Des pianos sur des ventres de fille à Paris
Un chimpanzé glacé qui chante ma musique
Avec moi doucement et toi tu n’as rien dit Tu ne dis jamais rien tu ne dis jamais rien
Tu pleures quelquefois comme pleurent les bêtes
Sans savoir le pourquoi et qui ne disent rien
Comme toi, l’oeil ailleurs, à me faire la fête
Dans ton ventre désert je vois des multitudes
Je suis Demain C’est Toi mon demain de ma vie
Je vois des fiancés perdus qui se dénudent
Au velours de ta voix qui passe sur la nuit
Je vois des odeurs tièdes sur des pavés de songe
A Paris quand je suis allongé dans son lit
A voir passer sur moi des filles et des éponges
Qui sanglotent du suc de l’âge de folie
Mois je vis donc ailleurs dans la dimension ixe
Avec la Bande dessinée chez un ami
Je suis Jamais je suis Toujours et je suis l’Ixe
De la formule de l’amour et de l’ennui
Je vois des tramways bleus sur des rails d’enfants tristes
Des paravents chinois devant le vent du nord
Des objets sans objets des fenêtres d’artistes
D’où sortent le soleil le génie et la mort
Attends, je vois tout près une étoile orpheline
Qui vient dans ta maison pour te parler de moi
Je la connais depuis longtemps c’est ma voisine
Mais sa lumière est illusoire comme moi
Et tu ne me dis rien tu ne dis jamais rien
Mais tu luis dans mon coeur comme luit cette étoile
Avec ses feux perdus dans des lointains chemins
Tu ne dis jamais rien comme font les étoiles
Je hais ces prisons dogmatiques qui emprisonnent l’âme alors qu’elle ne chemine qu’à cœur ouvert … certes oui en souhaitant juste la même conscience éveillée pour éviter de s’exposer nue … et l’âme aime l’amour plus que l’homme lui-même, cet amour qui n’emprisonne pas, n’attend pas, ne demande pas, l’amour en don non en dû … l’amour tel un défi, une contrainte à déformer totalement son miroir pour n’y voir plus que l’image de l’autre, l’amour en révolution, une mise en danger totale … l’amour passionné qui se nourrit de mots bien sûr oui mais aussi de présence, de peau, de l’eau des yeux, de caresses, de corps … l’amour naît et n’est qu’entre deux êtres qui se rencontrent dans une réalité extraordinaire certes mais bien ordinaire au demeurant, car l’amour ne peut s’épanouir que dans le voir, sentir, toucher et non sur une sorte de trame sans saveur ni odeur dans laquelle l’amour se meurt tels un mirage, un rêve à pas cher, un espoir à dormir debout, un non engagement …
Cat 2006
Mots purs, cœur mis à nu et des lettres cristallines et ailées comme papillons emportés par le vent … le poète se tue chaque jour à coup d’espoir et de désespoir, de tempête et de quiétude, coincé entre inspiration et désert de l’esprit … et veut juste étancher sa soif à la mine de crayon trempé dans son sang ; gouttes posées là sur papier blanc comme neige, en griffures déchirures à sa vie qui s’étale … et le soleil illumine, s’accroche d’un rayon à son œil absent, intériorisé dans l’amour de sa seule lumière inspirante … sa source est là, au cœur des mots accrochés en rosée à la fleur qui soupire et danse, en quête toujours et encore de lui-même … et l’angoisse de se perdre ou de falsifier ses profondeurs le cloue au banc des silences … lui dans cet étirement qui l’englue, ne cède pas, révolutionnaire accroché à son essentiel de résistance et de liberté … Une larme coule diluant là l’encre en ruelle et le plonge dans les remous du trou noir … pourtant il sait comment écrire l’amour et s’envelopper dans son étreinte, il n’y a pas plus grand amoureux que le vrai poète, son cœur respire l’amour transporté qu’il est dans cette implosion fabuleuse de souvenirs sublimés … ne vous y trompez pas, ce n’est pas ce semblant d’amour, cette abstraction d’émotions que certains appellent amour, non ce qu’il vit chaque jour est une communion charnelle avec le monde, les étoiles, l’univers … cette mystérieuse alchimie tout à la fois profondément humaine et si intensément spirituelle … dont il puise ses inspirations les plus splendides … le poète ne peut écrire que ce qu’il a vécu ou alors il imite malhabile et nul n’y comprends rien … « la poésie est une clameur » dit Ferré oui c’est un cri qui part des tripes et explose la cervelle … et le poème est un sexe qui fait l’amour, intensément, passionnément, avec une infinie jouissance, à ses lecteurs …
Cat 2006
Il est un point où l’éternité s’absorbe contractée sur elle-même avalant la somme de toutes les pensées en une infinitude abstraction de tout ce qui est, a été et sera.
Et dans ce rien si plein et si doux où le vacarme des mots et des images n’a plus aucune utilité, il est possible de cheminer secrètement et sans être vu dans l’obscurité totale de cette nuit de néant, en toute sécurité…
Cat 2006
Elle boit à sa soif non qu’elle soit soif mais plutôt asséchée comme l’air rouge du fond d’un désert engorgé entravé là dans un espace réduit en étreinte névrosée. Elle dit “je ne veux rien car je n’ai plus rien à donner”, puis elle dit “en réalité je ne veux qu’une chose et cette chose est au-delà de ce que tu es capable de prendre”… elle dit voilà “je suis ici et pourtant plus vraiment là, ni d’ailleurs ailleurs, je suis en dehors, en dehors, en deux hors de cela même que tu ne connais pas”, et lui la regarde absent d’incompréhension et d’insaveur, comme absorbé par ce fatras de ses sensations à elle qu’il ne sait ni effleurer ni affleurer … elle dit, “je suis déjà si loin, si tellement loin là où mon âme dans sa traversée interminable de la nuit obscure ne peut plus ni même souffrir avec le plaisir de la souffrance, ni moins aimer avec la jouissance d’aimer” … et pourtant là, la certitude de toucher l’insondable s’impose en évidence et c’est exactement là où elle dit qu’elle veut désormais rester. Cat 2006
La couleur là sur le bout des doigts, touches de peinture posées par un pinceau fou en ombre de vie qui échappe toujours … et la forme prend force et danse, intense, démence articulée, se meut, s’en vie, s’échappe, se créé pure en Ce qui la façonne. La main du peintre, seul et tout autant habité et face à lui-même définitivement avalé par la toile blanche et immaculée, noyé dans les tonalités en chatoyance, caresse et frôle, imagine et vit ses heures les plus denses, émotions douces et terribles au temps disparu en éternité, absorbé ailleurs, là où la mort disparaît sublimée …
Et l’artiste regarde son œuvre et ne sait la reconnaître … Qui a peint ? Quelle force a dirigé sa main tenant le pinceau, et où était-il alors ?
Cat 2006
Si la lumière de la nuit m’enlace
Et que d’un coup de gomme elle m’efface
Alors à l’aube du petit jour mort doré
J’étirerai mon ombre décomposée
En mille particules atomales
Dispersées dans l’éternité astrale
A l’orée de vos mythes insensés.
Cat 2006