Il est des soirs …
Il est des soirs ainsi où les mots se cachent prudes et pourtant se mettent à nu sans crier gare … de ces soirs où la lune éclaire un infime espace de peut être … et puis la nuit sombre étreint subitement, enserre, étouffe la moindre parcelle de lumière comme un retrait soudain, une retenue, une peur, une absence, une indécence … tout est dit déjà, inutile de mentir, tout est là, qu’on le veuille ou non, tout s’inscrit en estafilade sanglante au cœur qui se révulse, qui refuse l’encore, l’en corps, déjà senti, déjà aimé, déjà meurtri, déjà donné, déjà enfui … je sais moi que tout est là si clair, si léger comme un de ces matins de printemps où l’insouciance du possible éclate en cascade de rires … S’enfuir … peut-être … mais où ?
Cat 2006