octobre 19th, 2006 by Cat
Ecrire ou le tenter avec pour trame ma seule émotion même si elle me demeure finalement presque étrangère … le mot, la parole, l’écrit sont des prises de risque permanentes de se trouver en tant que créateur bien en dessous de l’objectif et ce même objectif d’ailleurs est-il compréhensible à l’écrivain lui-même ? Car il s’agit bien là de se toucher au plus près, de pénétrer la source même de sa vie, de l’éclater, de l’écarteler, de la disséquer pour en comprendre les rouages, pour se rencontrer dans ces rouages. En réalité, le verbe emprisonne l’émotion, dénature le ressenti, le mot formulé reste inadapté quand bien même son objectif est clair. L’écriture permet d’appréhender son propre chaos et tout autant en le couchant là presque en don au lecteur, tenter de l’orchestrer pour y trouver une certaine harmonie, une sorte de paix qui s’appréhende en réalité bien de l’intérieur mais qui pour être assimilée se répand, par l’écrit, vers l’extérieur, pour l’extérieur. En réalité, l’écrit sans lecteur reste t’il un écrit ? Les mots posés là ne reviennent-ils pas tel un boomerang dans la figure même de celui qui à la fois les vit et les rédige, dès lors qu’il n’offre pas ses écrits à ce lecteur indéniablement miroir de ses propres émotions ? Je me demande alors qui de l’écrivain ou du lecteur fait la réelle valeur de l’écrit ? Cat 2006
Posted in Cogitations... |
1 Comment »
octobre 17th, 2006 by Cat
Plutôt le tout que le rien et le dialogue au monologue stérile encore qu’un apparent monologue puisse chercher essentiellement et presque tragiquement le dialogue … Mais le dialogue en est-il un quand les mots prononcés ne font que se cogner aux absences ou aux silences de l’autre ? N’est-il pas finalement un monologue dialogué ? Et n’est-ce pas une constante de tenter le dialogue en sachant que l’autre entend en réalité que ses propres vérités ? Comment appréhender ce que l’on ignore soi-même ?
Etre passeur dans ce goulet d’étranglement entre la parole et le silence, entre l’absence ici et la présence là bas, entre l’Alpha et l’Omega comme s’il s’agissait de les fixer quelque part … et accepter pour ce faire des allers-retours constants entre la voie d’espérance et la voie de désespérance … refuser de se réfugier dans cet ailleurs, seul, sans y amener le plus grand nombre, pauvres ou riches, vieux ou jeunes, grands ou petits et de quelle hauteur s’agit-il là en effet … d’où et comment puis-je regarder l’autre comme autre que moi, comment puis-je dire Je et pire moi je ? Et ces deux mondes apparents et qui pourtant n’en sont qu’un probablement, qui tirent, qui écartèlent sans qu’il soit possible d’être ni d’un côté ni de l’autre mais dans les deux à la fois dans un déchirement constant et ne pas même trouver peut-être, juste infime, la toute petite porte, voie du milieu que possiblement dans mes divagations j’entrevois à peine et encore que je finisse par douter de son existence ?
S’agit-il là d’errances intellectuelles couchées pour faire joli sur un papier offert à l’autre ? D’une volonté farouche et tentaculaire de briller, de se montrer et auprès de qui d’ailleurs et surtout pourquoi ? Ou d’un ressenti profond du cœur, d’une aspiration de l’âme qui sait que tout le danger réside justement dans l’identification a un ego qui se désire et se créé tout puissant ? Quel dialogue peut-il s’instituer alors dès lors que cette question essentielle ne trouve pas réponse ?
L’emphasage en écriture est facile et ne nécessite juste qu’un faible effort de l’intellect et nul écrivain ne saura démontrer si les mots jaillissent là de son cœur, de sa déchirure, de son cri ou simplement de son ego … Seul le lecteur dans sa sensibilité sait, sent … seul le lecteur perçoit l’amour ou s’il ne s’agit juste que d’un vent malsain destiné à flatter et à appauvrir les émotions, seul le lecteur est maître du dialogue … et c’est bien ainsi !
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
3 Comments »
octobre 17th, 2006 by Cat
Elle sourit… mais Lui seul sait voir ses intenses moments de détresse modifier la couleur de ses yeux passer du bleu océan au gris tempête … Lui seul sait combien le doute l’envahie toute à chaque message d’espoir auquel elle croit en l’écrivant pour en douter sitôt après … Chacun de ses mots, chacun de ses actes, chacune de ses pensées transportent en eux ce flot de questionnements et d’incertitudes. Sa vie même est une interrogation constante et cette lucidité permanente la tentacule, la pilorise, la crucifie et tout autant la sauvegarde de l’intransigeance d’une foi absolue et indiscutable, barrage à cette sclérose des certitudes plus forte que la mort la plus lâche.
Parfois le désir de se retirer l’emporte, s’annihiler dans ce doute poisseux, seule où plus aucun bruit, plus aucune quête, plus aucune compassion ne l’atteindraient, l’anéantissement de soi en soi pour soi … et elle rêve parfois de pouvoir trébucher à sa guise, se délecter de ses hésitations tragiques en larmes et mourir loin à l’abri.
Elle dit « comme j’aimerais que ceux qui disent m’aimer ne croient pas en moi, ne tentent pas même en pensée de me façonner à leurs images, ne m’obligent pas à renoncer à moi-même pour coller à leurs espoirs et amenuiser leurs peurs, ne me contraignent pas à comprendre leurs souffrances abyssales … » et elle dit encore « comme j’aimerais juste là dormir un peu, juste là me reposer un instant ! ».
Lui seul sait … entends et comprends, et la porte !
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
2 Comments »
octobre 14th, 2006 by Cat
Où est-il Celui à qui je livre là mes visions obscures ou claires, mes délires en discours mystérieux, mes intimes imaginaires ? Est-il seulement de ce monde ou d’un ailleurs dont les contours restent flous comme l’ombre sur l’eau ou le reflet d’un chêne noyé de soleil ? Est-ce une image hallucinée, une chimère ramenée à la perception ? Est-il une sorte de lutin malicieux, rieur et farceur s’égayant en plein soleil dans le jardin secret de mon âme où les fleurs sont éternelles ? Est-ce un rêve tout en symboles destinés à donner sens à une réalité bien ordinaire, sorte de pont imaginal entre espéré et observé ? Ou bien encore peut-il s’agir d’un dialogue entre l’âme et l’Ame ? Ne serait-ce pas ce voyage que je fais, où regardant ici et là-bas, je tente d’en ramener quelques apparitions d’une Présence à la fois en moi et hors moi, en imagination créatrice destinée à alléger par ses fantasmagories un rationnel par trop pesant ? Où bien s’agit-il de quelques messages prophétiques d’une vérité que seuls des mots exaltés et imaginaires peuvent incarner ? Où est-il Celui que je cherche en ce monde, que j’appelle d’ici, que j’espère et que je devine mais duquel je ne perçois encore, dans mes soupirs et mes brumes, qu’un flot de lumière obscurcie ? Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
6 Comments »
octobre 13th, 2006 by Cat
Il l’écoute dire « ne sois pas amer ni triste de me voir te quitter et laisse-moi m’échapper sur cette route obscure et sans repères où ma mémoire se détache. Au pied de ce désert vers lequel je cours, il me semble déjà entendre une voix et percevoir au loin, alors même que je ne sais plus rien, habitée d’une ignorance de toutes choses, détachée d’un extérieur illusoire, une maison éclairée où mes pas me conduisent.
Là où brille cette lumière et n’ayant pas même besoin de frapper, j’ouvrirai et entrerai dans un seul instant. Et ici je demeurerai et me reposerai par delà toutes les images dans ce lieu où « le parfait sera et le médiocre disparaîtra ».
Ecoute disait-elle « Ceci est ceci, ceci est ainsi et pas autrement ».
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
1 Comment »
octobre 12th, 2006 by Cat
Je raconte des histoires, des histoires à dormir debout, des histoires à faire peur, des histoires belles aussi… les histoires de l’exilée que je suis chez vous dans ce monde où en réalité vous croyez me voir mais où je ne suis jamais… Mes histoires sont des rêves, comme des bulles légères et bleues, qui prennent vie ailleurs dans ma solitude oui mais explosent en plénitude absolue…
Mes histoires sont des douceurs comme des bonbons tout ronds, tout acidulés, colorés joyeux, jaune, orange, rouge, vert anis et pistache … je les goutte à ma langue qui en frémit d’extase … mes histoires sont des ailleurs lointains où l’air est frais et chaud, où il fait bon vivre et aimer sans mourir … là où est le bout du bout du tout petit minuscule point d’un pays fantastique où s’assouvissent tous les désirs … mes histoires sont des châteaux de sables balayés par l’océan mais qu’importe … je t’invite toi et tes jardins suspendus -mes châteaux ont besoin de verdure- allez viens je te dis, là écoute et essaie de croire à cette bien belle histoire que je te raconte en confidences à ton cœur, et je vais trouver le moyen pour que tu m’accompagnes là où le magnifique rejoint le sublime, et où tu n’auras plus besoin de te cacher ni de te battre, où tu pourras lâcher ces chaînes qui t’encombrent …
Viens je te montre le chemin et là-bas tu n’auras plus ni froid, ni peur et ton sommeil ne te fera plus craindre la mort, viens car là où je suis l’amour est un instant d’éternité dans une aube dorée soleil …
Viens je te dis, plus de barreaux, plus de combats, le moi dissout définitivement, et Je te propose la liberté … tu hésites, tu dis que mes histoires ne sont que des histoires à dormir assis ? Oui peut-être … mais qui sait ?
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
5 Comments »
octobre 11th, 2006 by Cat
Dans ces doutes qui tuent à petits feux l’être en quête de cette liberté qui par sa chair même lui échappera toujours, les émotions instinctives glacées au pilori des faiblesses peureuses lui font ployer les genoux face à ces maux qui impriment, compriment, dépriment, répriment les rêves devenus passifs et amers. Et à ce Dieu qu’il prie et, qui, sourd et muet, ignore et échappe tellement occupé à démêler l’écheveau de toutes ses pensées stériles alimentées des manques bleus et mauves, en écho mortel de sa vie disloquée. Alors éteindre la blessure, la noyer dans l’analyse suffisante et orgueilleuse, fanfaronner et crier haut et fort que le bonheur est possible … alors même que les larmes chaudes comme l’enfer envahissent le cœur l’écorchant à sang et annihilant toute résistance de l’âme perdue dans les méandres de ce duel sans survivant …
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
4 Comments »
octobre 10th, 2006 by Cat
Il s’installe à sa table et respire le calme de la nuit qui s’ombrilise, se fond dans le cent couleurs.
Il médite là, la tête penchée sur la page blanche, ses cheveux dans les feuilles fraîches de la plante verte installée là, compagne silencieuse … Il pense au sable blanc et fin des plages que ses pieds ont foulé il y a longtemps et comment petit garçon il s’étonnait déjà de ne voir aucun grain de ce sable si fin rester dans ses mains, comme l’eau, comme sa vie qui file et défile et lui échappe … une sorte de torpeur chagrine l’envahie à ce moment sombre de ses nuits sans sommeil. Des regrets peut-être, oui sans doute, pas de remords non aucun ! Et il se rappelle celles-la qu’il a aimées et plus aimer et celles-ci qui l’ont laissé sans l’avoir aimé … et à ce temps qui assèche les cœurs à force de ne jamais vraiment trouver cela dont il a la mémoire sans se rappeler pourtant ni quand, ni de quoi, ni de qui, ni où … une nostalgie si lointaine perdue dans une mémoire amnésique … à quoi bon se battre tous jours et pour quoi et là à la porte de son âme, il frappe mais personne n’ouvre … Même les bruits disparaissent à pas feutrés dans le petit jour qui pointe à peine son faible rayon de lumière … insomnie ..
Il a aimé oui il le croit … mal sans aucun doute mais aimé quand même … et il n’a cherché que cela toujours, l’amour comme seule et unique réalité de son existence, en rêve sublime, sans l’atteindre jamais ! et dans ce petit matin morne et blême, la fatigue le submerge, et il tente d’écrire pour exorciser ce trop plein, telle la gangrène, qui lui ankylose le cœur à force de chercher vainement quel est le chemin à suivre et s’il y a même un chemin à prendre !
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
2 Comments »
octobre 8th, 2006 by Cat
La mort rôde à l’ombre de nos espérances, sa faux érigée tel un phallus acéré et tombe sans prévenir … le temps presse … regarde l’horizon où dans un feu rougeoyant se noient tes rêves au cœur même de tes illusions océaniques. Lève toi, homme de peu de courage, libère toi de tes peurs intestines et foudroie enfin tes errances abominantes ! Le temps presse et nul autre que toi ne saurait magnifier ce monde que tu créés chaque jour à l’image de tes déraisons d’éternité !
Le temps presse et te rattrape … Et la mort te guette et te regarde de son œil vitreux et cynique et t’écoute l’appeler à chaque instant où tu trébuches, à chaque pas hésitants, à chacune de tes lâchetés, à chaque once d’amour que tu n’as pas donnée ! Le temps presse … et la mort te rattrapera toujours si tu n’y prends garde !
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
3 Comments »
octobre 6th, 2006 by Cat
Ave Maria, magnificat jeté au monde telle une bouée ballottée à l’eau fougueuse des espérances … Et il chante ! Les notes brûlantes à ses larmes s’amplifient, comblant chaque pore de sa peau, l’habitant tout entier. Son Ave Maria en appelle à la paix, à l’amour sur ce monde écartelé !
Ave Maria, ceux qui meurent te salue, mère du commencement des enfers, tu n’écoutes pas, ton cœur s’est figé aux lamentations crucifiées. Que ne faudrait-il psalmodier du fond de ces abîmes de douleur, du fond de ces guerres naissantes où l’amour n’est que stérilité et grisaille à nos yeux fermés, à nos ventres asséchés ?
Et la mélopée monte, enfle le cœur perdu aux nuits sans étoiles des solitudes absolues. Un violon chagrine en sons écartelés mais il chante encore, toujours sans se résigner, sans renoncer, pourtant cloué aux portes de ses terreurs.
Et l’Ave Maria exulte, s’égarant à jamais dans le désert lointain, où nul n’est, en notes inachevées …
Cat 2006
Posted in Tonal - CHIDA |
2 Comments »