Vaines sont les tentatives d’atteindre un éventuel salut ! Rien ne peut nous sauver de l’ennui abyssal de cette vie sans rationalité sans compter qu’il n’est pas certain d’ailleurs qu’il y ait un salut ni peut-être même une vie en fait car comment définir ce qu’est la vie au fond ?
La plénitude est une aberration et nous aurons bien le temps d’y goutter après la vie si tant est que nous puissions avoir alors le goût de quelque chose et si tant est qu’il y ait quelque chose après la vie ! D’ailleurs, la vie éternelle ne repose sur rien, ce n’est qu’un axiome !
Le bonheur n’est pas à atteindre, il est dans l’immédiateté du moment et l’espérance est une hérésie, une vile illusion destinée à nous faire avancer aveuglément vers une finalité dont on ignore tout ! Le bonheur ne repose pas sur l’obtention de quelque chose puisque le moment arrivé nous déçoit dans la plupart des cas et nous emmène immédiatement vers un autre désir … le bonheur n’est-il donc pas simplement ce simple désir de … sans tenter même de l’atteindre ?
Le pur plaisir animal de la traque en somme ! Sans toucher la proie ! Le plaisir d’un bonbon qui nous fait saliver sans en goutter la moindre saveur ?
Ou …. le bonheur ne serait-ce pas d’Etre sans désir ?
La solitude est absolue, croire ne pas être seul est une fantasmagorie, nul autre au monde ne peut ni comprendre, ni percevoir, ni entendre, ni vivre mon histoire … le goût des épinards a dans ma bouche une saveur inexplicable et impartageable … juste avec l’autre quelques repères, quelques similitudes et s’identifier est une divagation. C’est dans cette solitude en tentacules que je me construis unique et entière, non dans une finalité égotique mais bien pour échapper à cette attente illusoire qu’un autre puisse me remplir là où je suis vide, c’est un leurre. Je vis et meurs seule mais je peux partager ou le tenter en tous cas, mes peurs, mes joies, mes amours quoique l’autre en reste définitivement et indubitablement extérieur.
Le mirage de l’oasis n’étanche pas ma soif !
Il y a certes une grande désespérance à ce constat ou dirais-je un grand réalisme mais l’essentiel n’est-il pas de marcher les yeux ouverts et de se sentir le mieux possible en sa compagnie, à la condition de s’être rencontré, et sans espoir autre ? Et les tentatives d’emprisonnement des uns comme des autres sont définitivement vaines, nul ne peut posséder qui que ce soit, nul ne peut remplir qui que ce soit, nul ne peut se remplir de qui que ce soit, même pas en rêve !
Au secret d’un rêve, je crois apercevoir une silhouette mais ne sais la reconnaître !
Au subterfuge d’un délire, je crois entendre une voix mais ne peux m’en souvenir !
Là, terrifiée, je découvre qu’il n’y a que moi !
Cat 2006