Vaines … novembre 27
Vaines sont les tentatives d’atteindre un éventuel salut ! Rien ne peut nous sauver de l’ennui abyssal de cette vie sans rationalité sans compter qu’il n’est pas certain d’ailleurs qu’il y ait un salut ni peut-être même une vie en fait car comment définir ce qu’est la vie au fond ?
La plénitude est une aberration et nous aurons bien le temps d’y goutter après la vie si tant est que nous puissions avoir alors le goût de quelque chose et si tant est qu’il y ait quelque chose après la vie ! D’ailleurs, la vie éternelle ne repose sur rien, ce n’est qu’un axiome !
Le bonheur n’est pas à atteindre, il est dans l’immédiateté du moment et l’espérance est une hérésie, une vile illusion destinée à nous faire avancer aveuglément vers une finalité dont on ignore tout ! Le bonheur ne repose pas sur l’obtention de quelque chose puisque le moment arrivé nous déçoit dans la plupart des cas et nous emmène immédiatement vers un autre désir … le bonheur n’est-il donc pas simplement ce simple désir de … sans tenter même de l’atteindre ?
Le pur plaisir animal de la traque en somme ! Sans toucher la proie ! Le plaisir d’un bonbon qui nous fait saliver sans en goutter la moindre saveur ?
Ou …. le bonheur ne serait-ce pas d’Etre sans désir ?
La solitude est absolue, croire ne pas être seul est une fantasmagorie, nul autre au monde ne peut ni comprendre, ni percevoir, ni entendre, ni vivre mon histoire … le goût des épinards a dans ma bouche une saveur inexplicable et impartageable … juste avec l’autre quelques repères, quelques similitudes et s’identifier est une divagation. C’est dans cette solitude en tentacules que je me construis unique et entière, non dans une finalité égotique mais bien pour échapper à cette attente illusoire qu’un autre puisse me remplir là où je suis vide, c’est un leurre. Je vis et meurs seule mais je peux partager ou le tenter en tous cas, mes peurs, mes joies, mes amours quoique l’autre en reste définitivement et indubitablement extérieur.
Le mirage de l’oasis n’étanche pas ma soif !
Il y a certes une grande désespérance à ce constat ou dirais-je un grand réalisme mais l’essentiel n’est-il pas de marcher les yeux ouverts et de se sentir le mieux possible en sa compagnie, à la condition de s’être rencontré, et sans espoir autre ? Et les tentatives d’emprisonnement des uns comme des autres sont définitivement vaines, nul ne peut posséder qui que ce soit, nul ne peut remplir qui que ce soit, nul ne peut se remplir de qui que ce soit, même pas en rêve !
Au secret d’un rêve, je crois apercevoir une silhouette mais ne sais la reconnaître !
Au subterfuge d’un délire, je crois entendre une voix mais ne peux m’en souvenir !
Là, terrifiée, je découvre qu’il n’y a que moi !
Cat 2006




varna nov 27
Cat > Bonjour. N’était le besoin bien sûr légitime de vous exprimer et qui constitue déjà en quelque façon un baume – ce qu’il y a à retenir n’est-il pas simplement : « je cherche l’amour » ? Alors pourquoi mettre tant d’obstacles ? D’un côté thèse qui soulage et/mais de l’autre antithèse qui relance ? « Là terrifiée, je découvre qu’il n’y a que moi ! ». Ben, et pour cause ! Cordialement, varna.
Cat nov 27
Bonjour Varna et merci pour le baume … et je confirme “je cherche l’amour” naturellement et définitivement … et comment le trouver en dehors si je ne sais pas de quoi il s’agit en moi d’abord n’est-ce-pas ? aucun obstacle, sauf moi-même ! et ne sommes pas toujours en thèse/antithèse … l’espoir est évidemment encore là même illusoire !
Olwenn nov 27
Terrifiant d’une sombre lucidité (réalisme?) et le ton grave va bien avec!
Dans les films d’épouvante, on fuit le monstre en accourant dans sa gueule au prochain tournant… on monte l’escalier en cata et surprise, le voilà sur le palier. Variante de Dorian Gray. La vie ne serait que cette course vaine?
jean lou nov 27
Comment Etre sans Naître ?
Toujours et définitivement seul…
Las ,si las,qu’ellipses et non dits
sont mes seuls à paraître.
Pourtant,sans être veule,
je n’aspire qu’à n’être plus seulement éclipse,
mais,enfin,parce que seul bon Sens,
je dois co naître et vivre,
ne vivre que dans l’Amour,par Amour,
unique réalité-née d’Etre
Cat nov 27
Merci Olwenn,
Pas mal l’image du monstre sur le palier, c’est tout à fait ça … La vie ne serait que cette course vaine ? difficile d’être aussi catégorique ni dans ce sens ni dans son opposé, tout est question de ressenti mais comme je me défends
d’avoir des ceritudes, j’attends et avec plaisir que quelqu’un me démontre éventuellement le contraire. Ceci dit, il sera nécessaire toutefois d’y mettre une certaine application pour me convaincre … bref, là le verre est plutôt à moitié vide qu’à moitié plein … mais va savoir demain est un autre jour … et mes fluctuations sont permanentes ce qui est le sens même de la vie non ? rien ne perdure, tout se modifie, tout disparaît !
merci de ta présence
cat
gmc nov 27
SANS ECHANGE
Je suis l’Amour à chaque seconde de ce temps qui ne s’écoule que pour la beauté du spectacle. Je suis l’amour et je rayonne ce parfum d’alouette hallucinée qui déride les cils des étamines effarouchées. Je suis l’Amour sans qu’une hirondelle intéressée vienne me proposer de picorer ma saveur d’éternité désentravée. Je suis l’Amour, chacun se sert en fonction de son appétit, tout est offert à qui sait s’abandonner sans désir autre que de seulement éprouver la beauté d’être, juste nimbée de douceur outrancière et soyeuse. Je suis l’Amour que tu es, pourquoi donc devrions-nous échanger cette plénitude qui nous habite, étant par essence pure perfection de l’oeil qui nous contemple amoureusement.
Marie Gabrielle nov 28
“Au secret d’un rêve, je crois apercevoir une silhouette mais ne sais la reconnaître !
Au subterfuge d’un délire, je crois entendre une voix mais ne peux m’en souvenir !
Là, terrifiée, je découvre qu’il n’y a que moi !”
Chère Cat,
…une simple touche de piano, finale - un domino, et pourtant…
c’est la muraille de Chine qui s’écroule toute de noir et blanc vécue, c’est la droite qui s’irise, c’est… l’écume de la vague, et celle de la confiture qu’aiment tant les VRAIS petits garçons.
Merci pour la joie de vivre !
Marie Gabrielle nov 28
Cat, il est toujours un enfant pour rire… de son propre malheur passé, dans cet “instantané” avec lequel il correspond… je le crois.
Peut-être est-ce parce que l’enfant se régénère ?
sauf à être dégénérescence - ce qui est heureusement rare, au niveau de l’âme - j’entends, puisque mon souvenir de l’enfance est que même à subir un environnement souvent hostile, le libre-arbitre se défend de n’être pas “présent” (je ne préciserai pas plus et laisserai les mots aller là où ils doivent aller)…
Je voulais préciser que je n’aimerais pas t’avoir blessée dans un message qui aurait pu comporter - comme “en fin de partition”, encore un long message… alors silencieux.
La joie de vivre ? c’est ainsi que s’achève la chanson de la (trop ?) célèbre Barbara, intitulée “le mal de vivre”…
Bye, je relirai ton texte plusieurs fois.
John nov 29
jouir de la vie ou jouer la vie ?
les deux avec gourmandise
ou disparaître dans la grisaille
noyé d’ennui
Cat nov 29
Merci John et à bientôt
cat