Des doigts …
Des doigts à glisser
Joufflues et gourmands
Des doigts à goûter
À la langue qui frémit
Des doigts à t’entendre
Au coeur qui bleui
Des doigts pour soupirer
Au corps qui s’étire !
Cat 2006
Des doigts à glisser
Joufflues et gourmands
Des doigts à goûter
À la langue qui frémit
Des doigts à t’entendre
Au coeur qui bleui
Des doigts pour soupirer
Au corps qui s’étire !
Cat 2006
A ta langue qui me frémit
Aux ombres de mes ombres
En pénombre soyeuse
A tes mains gourmandes
Aux détours de mes contours
A tes érectiles allers retours
À ma chair qui expire !
Encore !
Cat 2006
Je te croise encore derrière des nuages de larmes au détour des troncs déracinés … sourire éclaboussant ma peau pierre et là toujours une douce heure frappe à ma main meurtrie et fermée mais tendue jouisseuse au souffle d’une courbe, au feu d’un regard, à la voix frémissante à ma bouche … Comme des bribes de rêve perdus aux petits matins glacés, j’anéanti les racines de mes yeux vides pour ne plus te savoir… et loin jeter au brasier les brindilles séchées et fanées, les laissant crépiter là à la fumée de mes amnésies !
La nuit se ferme aux portes des chimères … et les étoiles filent à contre cœur dans les galaxies reculées des lumineuses éphémères, le temps d’un soupir, le temps d’une journée, le temps d’oublier !
Cat 2006
C’est beau
Une main
Tendue vers
Non pour prendre
Juste donner
Une main caresse
Sur un front fatigué
Une main fraîcheur
Sur un cœur brûlé
Une main douceur
Sur un corps brisé
C’est chaud
Une main
Ouverte
Aux armes qui s’y déposent
Aux larmes qui s’y reposent
Aux cris qui s’y posent
C’est cadeau
Une main
Offerte !
Cat 2006
Il flottait là comme un parfum de soufre et de rose fanée … au coin de sa lèvre tremblait une larme, énorme et goulue, qui, en tombant, asphyxia les tympans de l’homme encore assis, immobile, presque figé. Un léger tressaillement, à peine perceptible, maîtrise parfaite du corps face à l’imprévu, l’étrangeté et pourtant le flot ne cesse de se déverser, un torrent d’os balaie maintenant l’espace et emporte sur son passage les vies sages, les visages, les virages, les maux dits en susurrance tuant les regards, les cœurs encore aux aguets loin … L’homme là se noie dans la peur mouillée, un cri si peu audible, comme un souffle et la mort en porte l’ersatz de vie tel un fœtus léger absorbé dans le vide béant de l’incongru…
Cat 2006
Aux chants des tambours à la peau tannée, au sein des forêts lumineuses, il s’étire, se gonfle, se félinise et son pelage se forme en tâches rosettes. De ses yeux soudain dorés et magnétiques, il perçoit et visite d’abord ce monde d’ici. Caché et secret, patient et rapide, sa force se déploie en transe métamorphose au secret des âmes. Dans ce voyage dans l’invisible, sa morsure peut être terrible à celui qui s’oppose à son entrée dans les mondes de l’au-delà … Au cœur de la nuit, il halète dans un cri rauque et puissant et s’évapore au petit matin.
Cat 2006
Le visage clair
Sous l’Oeil vif et cheveux blonds
éclats de rires
Chut, fais silence
le monde nous regarde
à l’orée des bois
Cat 2006
Il est des jours où l’esprit se dissout et ne regardant plus, ne se souvient pas …
Il est des jours où Il approche, au cœur du cœur, dans la vérité absolue et silencieuse du Non-Etre …
Là au sein du sein, l’Amour, celui qui ne peut être ni nommé, dont on ne peut rien dire, ni en donner la raison, s’impose en Amant Divin, en évidence Seul et Parfait, créateur de l’Univers, pour réaliser sa Perfection …
Là où certains hurlent, trépignent, griffent, jugent sur les concepts relatifs du bien et du mal, s’imposant en réalisé …, le sage lui se tait, sans préjuger de l’imperfection de ce monde, sachant qu’il lui faut vivre sur les deux plans du spirituel et du physique et en absolue conscience que seule son imperfection fait qu’il est dans ce monde …
Alors il entre dans sa véritable demeure, silencieux …
Cat 2006
Certes, il est bien tard en ce soir trouble où l’air se fait gourmandise et frôle en caresses légères nos rêves …. Pourtant, viens, je t’emmène dans les bois à la rencontre de la vie qui commence là …
Ne sois pas effrayé lorsque mon âme rencontrera celle de la louve,
Ne sois pas inquiet de ma transformation,
Ne te sauve pas au hurlement qui montera de ma gorge,
Et écoute le chant de la Louba qui pose la seule question éternelle :
“Où est ton âme ?”.
Cat 2006
Libre inspiration de Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estès
C’est aux aurores à la sortie des rêves que se composent les mots les plus beaux et les plus purs, ou très très tard les soirs de lune ou de sans lune … pour que les maux aient tort, pour que les mots en corps ne soient que des pistes d’amour aux couleurs toujours plus acidulées comme des bonbons dorés …
Alors ils se posent en murmure de douceur, dans un monde autre, là où la lumière attend !
Cat 2006