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Sur ce chemin …

novembre 20th, 2006 by Cat

Sur ce chemin campagnard où je chemine me dirigeant résolument vers une montagne pyrénéenne, je m’interroge sur la naissance même de ces mots que je pose ici ou là à la volée à qui veut les lire, et à leur teneur, aux messages qu’ils véhiculent car même si sortis tout droit de mes entrailles, par certains aspects ils me demeurent inconnus dans le cheminement même qu’ils empruntent, dans cet imaginaire qui est mien, avant de s’étaler offerts sur le papier.
La sublimation est un des actes premiers, ma pensée naît, s’amplifie, prend forme et se développe dans une sphère rêveuse, aux confins d’un absolu que je pressens plus que je ne le connais, à la fine pointe de mon âme. La sublimation est un acte raisonné et tout autant déraisonné ne reposant que sur une fantasmagorie personnelle dans laquelle je chemine sans sécurité. Il n’est qu’un pas à franchir là pour pénétrer la schizophrénie ou le dédoublement de personnalité. Ma folie est une évidence consciente et maîtrisée, heureusement ! La sublimation repose tout entière sur une exagération des événements, une mise en incandescence d’un quotidien médiocre au demeurant. Car la vie dans son contexte habituel est de mon point de vue infiniment et définitivement ennuyeuse. L’équilibre consiste là à des allers/retours constants entre le médiocre et le sublime. Rester dans le sublime revient à rêver sa vie plutôt que la vivre et entraîne inexorablement si le réveil se fait de manière trop brutale à « péter les câbles ». En revanche, aller de l’un à l’autre en permanence peut me mener sans doute à percevoir cette voie du milieu dans laquelle je peux rester sans danger psychique.
Mon écriture propose modestement cela, cette mise en mots d’aspirations plus élevées que celles que la vie me propose d’emblée et ces aspirations ne peuvent reposer que sur des sentiments, émotions tournant autour et quasiment essentiellement de l’amour naturellement. Quelle chose plus sublime que l’amour pourrait me toucher ? L’amour est la forme la plus aboutie du rêve humain dans son acception la plus divine. L’amour non sublimé, courant, quotidien, sans que je le rejette d’une quelconque manière et bien que toutefois je me refuse à m’y fourvoyer, a pour moi un goût d’insignifiance tentaculaire que je ne puis ramener dans mon écriture sans me séparer intérieurement d’un désir créatif qui me demeure vital.
L’amour sublimé repose sur une perception exagérée, magnifiée d’un sentiment généré par un autre, cet autre n’étant pas pour autant et forcément partie prenante de l’histoire. En effet, une muse ne se choisit pas comme un kilo de carottes au supermarché, elle s’impose comme par un coup du sort bien que de mon point de vue, le hasard n’ait pas grand-chose à y voir.
L’écrivain et la Muse se rencontrent car cette rencontre leur est essentielle, vitale quand bien même une des deux parties et pas l’artiste généralement, n’est pas partie prenante consciemment. Les deux âmes alors dialoguent et la muse est, de toutes façons, quelle qu’elle soit, essentielle et joue un rôle indéniable dans le processus créatif. Qu’auraient créé Dali sans Gala ou Baudelaire sans Jeanne Duval et si la Muse est communément Femme, le principe même peut en être masculinisé pour répondre à la créativité féminine longtemps niée.
Certes ce rôle est difficile à tenir car « la muse est la langue », « l’inspiration personnifiée » et met en branle tout le processus créatif et poétique mais tout autant devient objetivée et l’homme muse a, le plus souvent, une certaine difficulté à se retrouver objet même dans sa finalité la plus désirable. La relation doit donc s’établir en absolue confiance, en conscience y compris des dangers que ce positionnement suppose. Le piège de l’amour porté à son plus haut point de fascinance et qui plus est gravé sur le papier, peut avoir des effets pervers que ni l’écrivain ni l’inspirant ne pourront véritablement maîtriser. C’est un risque, le risque de tomber amoureux de manière traditionnelle et très humaine ou de se sentir piéger dans une sorte de miroir aux alouettes … pas forcément mais … La muse peut alors se dédire, se retirer, se refuser, l’artiste restera orphelin et vide un moment, touché profondément naturellement et ce d’autant plus que sa créativité s’alimente dans les plus hautes sphères … mais rares sont les écrivains qui ne rebondissent pas et qui après quelques temps au cœur du gouffre, ne renaissent pas de leurs cendres et écrivent mieux peut-être, plus juste, l’expérience même dans sa plus grande noirceur étant toujours porteuse d’un sens de clarté.
« J’allais sous le ciel Muse, et j’étais ton féal »

De mon simple point de vue, le vrai poète ne peut se départir d’invoquer la présence, de boire aux lèvres et au cœur de la « nourricière de l’âme » dans une relation qui n’est souvent d’ailleurs que profondément spirituelle et où le commun y verra quelques déviances éventuellement d’attirances sexuelles. Or les muses ne sont pas forcément les amantes ou les amants mais bien au-delà de cela, les muses sont les Dieux qui soufflent à l’oreille de l’écrivain les oracles qu’il ne sait reconnaître seul en lui-même. Mes écrits inspirés aux sources même de mon cœur et de mon âme peuvent apparaître dogmatiques, donneurs de leçons, orgueilleux, hautains, intransigeants … oui … et pourtant il s’agit là d’une mise à nu de soi face au monde, d’un exercice d’auto analyse constant. Ecrire est être violé par le lecteur, être confronté, être vilipendé, être détesté même … l’écriture est donc une démarche de mon point de vue plutôt courageuse destinée à ouvrir des portes de compréhension car je ne fais que chercher qui je suis et l’autre en ce sens m’est indispensable, dans ses critiques, dans ses agressions, dans ses rejets comme dans ses messages d’amour. Dans cette quête éternelle du sens de la vie, j’offre aux lecteurs mes propres axes de recherche, mes propres divagations, mes propres errances, mes propres angoisses non point pour l’attirer dans mes souffrances mais bien pour lui signifier qu’il n’est pas seul et que je partage les mêmes questionnements que lui et qu’ensemble nous connaissons les mêmes terreurs. Et si permettre d’ouvrir une porte, en miroir, pour soi et pour l’autre, est orgueil alors je suis un écrivain orgueilleux. Mais j’offre dans ce jeu des jeux, dans ce jeu de Tao qu’est l’écriture, un miroir et me pose et pose toujours la question « que cherches-tu ? » car à cela, personnellement, je ne réponds toujours pas … et je cherche encore et toujours jusqu’à la confrontation létale, c’est ma vie ! Et si les écritures édifiantes mais hurlantes et souffrantes sont insupportables pour certains, alors les Cioran, Régis Nivelle ou Gamoneda entre autres sont à brûler rapidement … toute écriture perturbante est une leçon en elle-même non dans un sens dogmatique mais dans un effort de partage avec le lecteur sans lequel je suis définitivement stérile et seule. Et je prends là tous les risques à mon péril, car il me faut gueuler « mon désir à tout autre désirant » …
Et la tempête peut m’engloutir, la défaite me crever, l’impossibilité aussi d’atteindre ce morceau de terre ferme et lumineux où je pourrai me trouver … oui et cet objectif que je poursuis par l’écriture, par la peinture, n’est peut être qu’un rêve, qu’un leurre … mais il vaut sacrément le coup !
Et voilà je t’invite toi le lecteur qui me fait la grâce de me lire et si tu le souhaites à cheminer avec moi, sans crainte, sur cette route ô combien incertaine et périlleuse ! 
Cat 2006
en clin d’oeil entre autres à mon ami Pant

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Le temps …

novembre 17th, 2006 by Cat

Le temps n’a que faire du temps qu’on lui accorde ; le temps de le dire se conjugue déjà au passé, le temps futur est à créer !
Qu’importe que ce tant soit à deux ou mille temps dès lors qu’il prend le temps non plus d’attendre mais bien de s’étendre dans les jours d’ici.  Le temps est intemporel mais non éternel … Le temps nous presse de ne pas le perdre dans cet hier du temps passé à tenter en vain de se re-co-naître mais bien plutôt de se co-naître dans cet immédiateté du temps présent.
Le temps nous flétrira à coup de secondes perdues et plus vite que nous n’aurons le temps de le pressentir.
Le temps nous vieillit toujours à nous attendre et aux derniers jours, le temps nous manquera !
Cat 2006

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C’est au feu …

novembre 17th, 2006 by Cat

C’est au feu que je me transforme et à la crinière de mon cheval polypode que je chevauche, à l’orée de la nuit, vers les contrées les plus obscures … là me voyant à travers mon propre corps, je conduirai dans la lumière les morts qui ne savent, ne peuvent ou ne veulent quitter le monde des vivants !

cat 2006

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Conte de Farîd-ud-dîn’ ATTAR*

novembre 17th, 2006 by Cat

Demande faite à Junaid    Un demandeur s’assit devant Junaid et lui dit : “Ô toi qui es libre, quoique esclave de Dieu, dis moi quant est ce qu’on peut posséder le contentement du coeur” - ” lorsqu’on a perdu son coeur, répondit-il, par l’effet de l’amour” Tant que tu n’obtiendras l’union avec le roi de la nature, tu ne pourras parcourir le chemin du contentement. Dois-je considérer comme convenable l’égarement de l’atome, parce qu’il n’a pas la force de supporter la vue du soleil ? Tant que l’atome sera atome, il ne sera qu’atome; il n’est pas ce qu’il semble être, il n’est qu’un éclat apparent. si on le retourne, il n’est plus lumineux; mais il n’en est pas moins un atome, et non la source brillante du soleil. Ce qui sort naturellement de l’atome n’est en réalité qu’un atome; mais si l’atome se perd entièrement dans le soleil de l’immensité, il participera, quoique simple atome à sa durée éternelle. Ô toi atome ! tu erres comme un homme ivre et malheureux, jusqu’à ce que à force de tourner, tu sois plus avec le soleil. J’espère que toi qui es sans repos comme l’atome ! Que tu découvriras clairement ta propre impuissance. *auteur de la Conférence des Oiseaux dont voici l’histoire :

Les initiés soufis étaient au nombre de quarante. A leur douzième année d’initiation, la question suivante leur fut posée : “que cherches-tu ?”. Ils l’ignoraient et partirent alors pour un long voyage en quête d’une réponse. Une force les poussait au coeur, qui les mena vers une montagne où vivait, disait-on, l’être qu’ils recherchaient. Serait-ce un roi ? Serait-ce un dieu ? La légende parlait d’un oiseau merveilleux et magique. Le chemin fut long. Ils connurent des aventures parfois inespérées, parfois tragiques, mais toujours inattendues. Enfin, ils parvinrent, épuisés, sur le mont tant désiré. Ils n’y trouvèrent ni dieu ni roi. Seul un grand miroir les attendait … dans lequel ils purent contempler la figure qu’à eux tous, sans le savoir, ils formaient : celle d’un oiseau géant, prêt à s’envoler !

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Me …

novembre 16th, 2006 by Cat

Me heurter avec une certaine délectation destructrice aux murs des chimères, des causes à perdre et perdues d’avance. Me désordonner à ce mépris de moi-même et tenter de l’amoindrir au contact seul et aride d’un autre. Le déséquilibre appelle la folie et l’harmonie à atteindre devient alors un combat à couteaux tirés, à déchirures assurées non rassurées et mon indignité ne se repaît que de boues déchéantes aux effluves purulentes. Dans ces passions déchirées et destinées à combler en moi ces absences altérées, je m’y pique et m’y éventre pour n’y point me trouver, perdue autre part où je ne sais ou ne puis ou ne veux aller !  Je te regarde et sais qui tu es, pas l’amour, seulement le fantôme d’un espoir s’abreuvant aux eaux tumultueuses et rageuses des amnésies. Et je te sublime en or à l’envi et couvre tes omissions de mes illusions fanées en or/i/peaux. Et ce qui brille n’est ni d’aur ni de lumière ! Je crois t’apercevoir en pénombre et pourtant non, juste les méandres de qui je suis aux steppes de mes absences. Et je te cherche ni en moi ni en toi, mais bien dans une étendue ailleurs où le ciel fait naufrage et chavire emporté par les chevaux de l’enfer.

Ce n’est pas là le repos qui nous guette mais la guerre et l’anéantissement qui nous accouchent.  Et quand ton visage ne sera plus qu’un halo vague perdu dans mes nuits, je reprendrai la route suppliant mes mains de ne plus caresser ton regard !

Cat 2006   

 

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J’ai éraillé …

novembre 16th, 2006 by Cat

J’ai éraillé mon enfance à des regards de désert, brûlé mes larmes aux feux de cœurs calcinés et dans ces fissures s’est infiltrée la gangrène éviscérant mon esprit.

Je goutte au sang de mes meurtrissures et frissonne en moi sans y être pourtant. L’inconnue écrivant là frappe ses mots à ma porte et je ne les entends pas et la glace enserre mes oublis et l’ombre les foudroie.  Le chemin est aveugle et tout autant concentré sur un point, un frémissement de lumière à l’horizon de ma fin et je cherche à agripper, ultime effort, une pensée salvatrice mais c’est aux angles que je m’écorche, aux impasses que je décroche, aux illusions que je m’offense et comme désertée, je crie au silence sans échos.  Et juste me laisser là détruire, encendrée, aux attentes d’un autre. Trouver là ne serait-ce que l’apparence de moi-même et rester accrochée à un cœur dont je ne visiterai pourtant jamais le jardin et même si le froid m’exténue, je veux approcher cette flamme dans un instant de fraîcheur. Alors je pourrai savourer l’indifférence, engluance invisible, et me laisser emporter dans un bruissement sans fleurs ni couronnes, ni fanfare, ni trompette.

L’absence fait de ma vie un vacarme de sanglots ! 

Née en Néant  

Née en Mort

Et la rage fait son carnage,

Et la colère fait sa guerre,

Et la peur fait sa rancœur !

Et puisque mes paupières creuses ne voient plus que l’immobilité des impossibles, à l’inexistence, je retourne.

Cat 2006

En hommage à Antonio Gamoneda

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Mémoire chamanique …

novembre 15th, 2006 by Cat

C’est à la nuit tombée que les créatures à tête de reptiles vinrent forer ma cervelle. Mes pensées, perceptions comme autant de gouffres ouverts profonds et d’une noirceur d’encre s’échappèrent en ondes colorées irisées aux quatre coins de la forêt terrestre. Tous mes sens projetés ainsi s’aiguisèrent, chaque minuscule insecte bourdonnant, chaque oiseau, chaque pas du jaguar, chaque inspir d’eau, chaque goutte de pluie, chaque respir des plantes raisonnaient à mon oreille, amplifiée comme sortant de mon crâne et vivant sa vie à part. J’étais à la fois homme, animal, végétal, minéral … le goût de chlorophylle à ma langue énorme se mêlait à la saveur métallique des pierres, la terre remplissait mes narines et la respiration des univers en souffle à ma peau … Je me dilatais absorbée et absorbante. Le ciel immensément coloré de roux, de bleu, de rouge, en circonvolutions à mes yeux ébahis ; au dessus des mondes, en aigle au regard plus aiguisé que le plus affûté des poignards, je percevais l’immensité et la plus infime particule  …  Et mes mains en sens exacerbé caressaient jusqu’à la moindre rugosité, aspérité, douceur pénétrant au cœur de chaque chose.
Un plante me parle, nous ne sommes pas séparées, je vois la moindre nervure, je perçois la sève circuler comme le sang dans mes veines, j’entends les battements de son pouls, tout est vivant intensément, je vibre avec, tout est moi, tout est en moi ! Tout me parle de l’intérieur et une spirale d’Adn s’étire en longueur nous reliant à tous niveaux de perception… animal, homme, minéral, végétal en un… une création parfaitement orchestrée dans un temps arrêté !
Mon âme à l’heure venue sera capturée par ces hommes aux têtes de reptiles et mon cerveau éclatera en myriade de mémoires reptiliennes d’où je viens et où je retourne !
Au matin, épuisée, j’ai réintégré mon corps lourd, si lourd !
Cat 2006

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Toi …

novembre 14th, 2006 by Cat

Toi …. Tu ne m’es pas indispensable, je n’ai pas besoin de toi au sens où ce mot est entendu. Non j’ai juste ce désir à la pointe du cœur, l’envie de ta peau à la pointe de ma langue, l’envie de ta voix à la pointe de mon oreille, et plonger à m’y noyer un instant au noir de tes yeux et caresser comme enfouir la main dans un champ d’ouate moelleuse, tes cheveux embroussaillés, jouir aussi de cette extase du toucher de visage à la barbe naissante … oui voilà … l’envie de toi n’est pas besoin …
Seule je suis de tout temps, seule je me comble … même et malgré mes vides en abîmes que nul ne peut remplir pas même toi qui croix là te crucifier à ces mots que je prononce … Aime moi oui non pas toi à travers moi, toi à moi pour moi en moi, donne moi en don absolu, sans attente, sans espoir comme je t’aime … pas de mascarade, pas de mensonge, du tout cru non tout cuit, pas de peur, libre infiniment  … mes blessures, mes demandes de réparation ne t’appartiennent pas … et si tu n’y peux rien et en aucune façon, tu ne peux pas m’atteindre non plus … je ne suis pas blessable adulte, je le suis quant l’enfant hurle en moi aux abandons, aux trahisons, aux dénis de naissance, d’être … ici et maintenant nul ne peut me toucher juste raviver et parce que je le veux une déchirure lointaine non cautérisée … et merci l’ami de permettre cela, alors je peux rouvrir la plaie en béance sanguinolente et y plonger un cutter et une bouteille d’alcool … ainsi la suture se fera indéniablement ….et si tu ne m’aimes pas, pas grave, même en me disant cela, tu ne peux m’atteindre jamais … mon histoire n’a pas été écrite par toi !
Cat 2006

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L’invisible signifiant

novembre 14th, 2006 by Cat

L’invisible signifiant en tant que sans forme est ailleurs ou n’est pas, plus
simplement … un souffle obscur dans une cave profonde dont le chemin reste à
parcourir car à découvrir … perte et présence sont l’envers d’une même
signifiance, tout est à la fois toujours et éternellement présent en pure perte
… L’écrit en survivance oui au temps et à la parole sans œil pour voir, langue
pour goutter, oreille pour entendre, autrement dit, la survivance de l’écrit, les cris, à
la mort de son créateur … la survivance de l’écrit n’a d’intérêt que si cette
même survivance s’applique dans l’ici et maintenant et permet à l’auteur d’être
vivant d’abord,  re né, re accouché, ré incarné aux sanglots de ses écrits …
déracinés ou emportés non en supposition d’un épistémé mais dans ses certitudes
en racines et en envols à la trame de ses maux non plus instabilisés dans un
corps critiqué mais désormais investi dans un corps sublimé et magnifié … et là
pénétrer la voix non plus pour incarner l’exil mais pour créer l’amour en
fusion.
Cat 2006
merci à régis Nivelle - http://www.artistasalfaix.com/revue/

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Le pont …

novembre 13th, 2006 by Cat

Le pont entre la vie est la mort est si court au fond ! Ce qui paraît interminable en réalité n’est que le nombre de trébuchements rencontrés  … et certains soirs, à la lueur des étoiles, la nostalgie pénètre, assaille, tressaille et oblige sans illusion et rapidement un regard en arrière pour voir que seulement quelques pas ont laissé une vague trace mais pire que rien n’a véritablement été créé dans ce temps offert. Plus grave encore, la conscience qu’il ne sera rien fait non plus du peu de ceux qui restent. La lassitude alors envahie, dans cet espace vide où il faut se rendre à l’évidence et prendre l’ampleur des égarements, des fuites, des lâchetés, des erreurs … et aussi de ces amours tentés sans succès et où tous espoirs, toutes énergies et toute rage à vaincre enfin la peur viscérale de sa propre disparition, s’y sont dissout … et là rien n’y fait, impossible d’ignorer le ni pu ni su et l’âge est implacable car il ne pardonne rien et n’offre pas de seconde chance. 

 
Voilà pourquoi les vieux pleurent sans cesse au fond, si ce n’est extérieurement, c’est intérieurement, impitoyablement, sur leurs souvenirs eux qui n’ont déjà plus d’à venir, et l’ennui les gangrène et leur rigidifie le cœur au milieu des paquets de mouchoirs qui remplissent leurs poches  … les vieux se sentent seuls parce qu’ils sont seuls définitivement avec ce temps compté en regrets qui lentement et inexorablement les mène au tombeau …
Cat 2006

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