Quand je t’ai vu …

Quand je t’ai vu sur des mots, c’était un peu comme un jour de grand soleil avec le rire en plus comme un cadeau échappé du ciel. J’entendais ta voix comme un souffle de vent sur la joue, au bord de la mer ! J’ai pensé que là où je naviguais jusqu’à présent, à l’aveugle, dans ces ports d’attache aux eaux troubles où je ne faisais que m’ignorer, tu serais ma terre d’asile, un arrêt long sur image !
Et l’océan chantait son tango au son d’une guitare et je me laissais bercer par des notes de miséricorde, un peu comme un miracle ! J’avais oublié qu’on ne donne pas de trésor à une passante, à une va nu pied, ce ne sont juste que des miettes jetées là parce qu’on ne sait quoi en faire. L’ombre ne lâche pas facilement sa proie et la misère colle aux basques, rien à faire ! Et tu fais la queue dans mon cœur comme une éternité salée, un jet d’alcool fort versé sur une plaie à vif, la guigne ça te coule dans les veines ! Et la vie qui se fait la malle plus vite que les moineaux sous la grêle !
C’est la folie qui me réveille, un besoin immédiat d’un trop plein de silence pour que les mots criés à tue le cœur se retrouvent intacts, comme de bons souvenirs qu’il fera bon se remémorer au coin du feu quand je serai vieille, demain ! Je sais que jamais je n’accosterai sur ce bout d’île où le sable écrit l’histoire, une histoire pour les petites filles, une sorte de conte sans morale ni fierté.
Ecoute, tout a été dit, mais les mots seulement les mots, ça tue, ça endort, ça crève de soumission et d’inaction et ça soûle aussi bien qu’un whisky bien tassé ! L’amour est un gémissement, une hérésie, des racontars ! C’est juste fait pour qu’on se quitte, et je vertige à ce mirage, je vomis jusqu’à la moindre infime larme versée sur une sérénade pour attardés !
Et si je pleure c’est bien encore du chagrin des illusions dans ces solitudes sordides où l’espoir se fait sans mémoire. Les étoiles n’ont pas besoin de moi pour briller, c’est là où il y a maldonne mais on invente pour se rassurer des histoires de parfums, des déraisons sentimentales brumeuses et embrumées. Faut pas rêver, le rêve c’est du diable, c’est de la poudre aux yeux pour ceux qui n’ont rien.
Dans la nuit où je m’engloutis, là où je me mortifie, j’entends les bruits du monde qui s’agite, j’entends les coups d’horloge m’agripper aux années qui trépassent, j’écoute les vagues gronder au vent malsain de ma folie, et je te salue l’ami, toi qui referme aujourd’hui la page d’écriture sur le mot fin !
Cat 2006

Sur les sentiers …

Par ces nuits de pleine lune, je prendrai les chemins 

Eclairés d’étoiles pour rejoindre mon seul destin. 

Sans trêve, ni repos, le pas léger, je marcherai. 

Là, sur ces sentiers inconnus et hasardeux, j’irai ! 

 

Et je ne dirai rien et ne réfléchirai pas, 

Seul l’amour m’habitera et mènera mes pas. 

Et Je viendrai à toi comme une passante, 

J’entrerai chez toi telle une mendiante. 

 

Alors, tu m’accueilleras, sans plus de crainte, 

Tes bras et ton cœur grands ouverts à l’étreinte. 

Et tu m’installeras bien au chaud sous ton toit, 

Et tu diras, dans un soupir, tu es chez toi ! 

 

Cat 2006

Des brassées de roses …

Des brassées de roses jetées aux étoiles pour tisser des rêves, jusqu’à la folle déraison. Le ciel ne s’ouvre pas à celui qui en reste extérieur … Puis ces ailes d’ange coupées aux chagrins couleur obscure et moi à te tenir les mains, à me ternir la vie, à genoux, les yeux brûlés salés à quêter ton arrivée, les pleurs du soleil sur l’amer déchaîné ! 

A vide je suis, à tes mots comme des promesses, comme des enfers, j’écoute et tout se pose sur mon cœur sans mémoire, en silence d’espaces perdus où je ne suis pas ! 

Aride je deviens, à tes yeux qui éclairent un chemin inconnu dont je ne sais retrouver la trace, et toi priant dans tes larmes parfumées nos espoirs enfuis ! 

L’avenir glauque des impossibles cogne à nos idées et ce vacarme qui envahit jusqu’à tuer les serments d’éternité. 

La joie se casse les ailes à chaque fois que l’on tente l’envol vers un ailleurs imaginaire, le temps illusoire comme un tempo mortel étirant nos vies duelles, saccadées ! 

Dans une mare de sang se noient nos re morts, dans un torrent de larmes se perd notre lumière et c’est dans le labyrinthe de nos effrois que nous nous égarons au froid de Dieu ! 

Cat 2006   

Entends …

Entends dans le silence des nuits féroces, les mots se déchirer en crève la vie. Il n’y a rien, juste l’impossible immobilité d’un temps qui foudroie le vide.
Ecoute, ces histoires d’amour à dormir assis, te voûtant les épaules aux sanglots qui te gagnent, te coltinant à ce lit froid dans lequel tu te repais chaque soir, sans espoir et où tu crèves tes sommeils à des rêves improbables.
Qui décide ? Et de quoi ? Le courage n’est pas si simple et la mort ankylose jusqu’au moindre secret de tes joies. Partir oui, balayer tous souvenirs, perdre la raison, se fondre dans une torpeur amnésique, mais comment et pour aller où et échappe t’on à ses putréfactions, à ses crucifixions ?
Seul, c’est la réponse, et abreuvé au chaos le plus total, seul et rien ni personne pour assumer à ta place, pas d’excuse, il n’y a rien ! Juste toi !
Et tu peux traîner dans les rues mal famées d’une capitale quelconque, aller aux putes juste pour croire que les caresses d’amour sont possibles, rêver dans des ports de hasard, à Amsterdam ou ailleurs, gratter ta guitare comme un fou en Andalousie, il n’y a rien et tu t’égares aux cendres de ta vie. Tes soupirs n’y changent rien … Il n’y a rien et le vent balaie rageur tes absences et tes errances, et ces amours qui finissent toujours par se barrer te laissant le ventre béant.
Il n’y a rien, seul toi face à toi, toi capable de tout foutre en l’air pour les yeux d’une déesse, pour le sourire d’une ogresse, toi seul et des mots, des mots à déverser comme des pleurs dans des océans déchaînés.
Qui décide, qui veut, qui peut ?
Il n’y a rien, que toi, aux murs des prisons que tu construits, à y ronger tes ongles pour les franchir. Il n’y a rien, que toi… Et là bas peut-être, dans un lointain inaccessible, quelqu’une soupire pareil, un miroir, comme un reflet dans un lac bleuté … Il te suffit juste de quelques pas pour mettre le feu à ta vie, aux dernières illusions, celles qui laissent croire aux impuissances et le cœur battant y aller jusqu’à te griller les yeux pour entrapercevoir une loupiotte là qui éclaire vaguement un chemin … Il n’y a rien, juste toi et la décision du faire et tu peux gueuler, t’effrayer, résister, rien ne vaut la peine sauf le grand saut !! Aimer et vivre coûtent ! Le prix en est lourd oui très lourd et le rêve à pas cher n’existe pas !
Alors jette tes peurs et tes regrets à la poubelle des biens pensants, de ceux qui depuis longtemps ne respirent plus ! et quand tu crèveras, fais le en riant, t’auras bien vécu debout  et basta de ces morts vivants agglutinés aux stèles de leur ventre desséché et aux détestables et débectances belles pensées soumises !
Il n’y a rien juste toi et chante à tue tête dans les rues, enfonce les mains dans tes poches vides et pars, cours, libre et sans tristesse, pour le fun, pour l’amour, pour le rêve, pour la vie,
Il n’y a rien, juste toi et la mort qui arrive à pas mesurés,
Il n’y a rien, sauf toi et la décision du tout maintenant !

Cat 2006

Trop loin …

Trop loin, trop loin
Ta main
Pour atteindre mon jupon
Et si près à caresser mon cœur
Comme un rire de joie
Tout contre
Et
Si trop loin
Attends,
Ne cours pas, tu es trop loin,
Mon âme ne peut te rattraper
Attends, écoute,
Il fait froid oui
Mais reste là tout contre
Même si loin, trop loin
Viens, je te raconterai des contes de Noël,
Ceux qui mentent mais font briller les yeux,
Puis au pied du sapin,
Je poserai des milliers de pétales de roses
Noires et vertes
Tu sais celles que tu aimes !
Puis je te parlerai de cet arbre d’Amazonie
Qui doit sa survie à l’amour de deux abeilles,
Et te ferai visiter les Jardins du Diable …
Attends, tu es si loin, trop loin
Il me manque … toi
Et je rêve à ces étendues de sables
Là bas,  
Où les soirs sont magiques
Et la lune insolite.
Je sais où tu es,
Tu coules, coules dans mes veines
Explosées à ton absence
Trop loin !
Cat 2006

Les rues de Paris …

Je t’imagine, dans ces rues de Paris, du côté de Bastille  

Le nez au vent, avec pour compagne ces musiques andalouses,  

Pleines et nostalgiques  

Que tu fredonnes avant d’en composer la saveur  

Aux cordes de ta guitare !  

  

Je te regarde apostropher ces rues et ces recoins  

De l’œil inquisiteur d’un appareil photo  

Qui ne te quitte pas,  

Et là une rue, la mienne, il y a longtemps  

Explosée de lumière  

En incursion d’un passé bien lointain  

Dans lequel tu me rejoins  

  

Je t’écoute rêver ces mots d’amour  

Que tu ne dis pas  

Par pudeur,  

Par peur,  

Au secret de mon coeur,  

  

Moi, tu sais  

Je t’envoie juste quelques parfums  

D’océan comme une bouteille d’encre  

A mes mots que je pose pour toi  

Sur des parchemins magiques,  

  

Et là dans ces rues de Paris,  

Où je ne suis pas,  

J’entends ton rire,  

Et je te prends la main !  

  

Cat 2006 

Là je me réveille …

Là je me réveille au petit matin vide, 

Ai-je dormi dans ce lit creux  

Où ta main effleure le drap ? 

Là je me réveille et me souviens  

Des songes entrés comme soleil en été,  

D’une caresse sur ma joue  

Et d’un baiser aux larmes de mon cœur.  

Maintenant je suis réveillée au jour sans fin, 

Attendant la nuit où les rêves s’incarnent  

A ta peau qui frémit.  

Et je murmure, tout bas,  

Des mots posés qui ne veulent rien dire  

Mais qui te contiennent. 

Et Je hurle à l’absence loin,  

Aucun écho n’y répond.  

Et là je me réveille  

Au creux de ce lit vide,  

Où le vent s’engouffre  

Et prononce ton nom.  

Je me lève dans ce petit matin gris,  

Et l’amer en fureur,  

Balaie ton absence.  

Alors je ne t’espère pas !  

Cat 2006

Je ne veux pas …

Même si mon cœur est empli de décombres

En pénombre 

Je ne veux pas t’aimer, 

L’amour est un félin malin 

Qui lacère de ses griffes acérées 

Mes attentes ensanglantées 

T’aimer toi comme d’autres, 

Recommencement mille fois réitéré 

A ma peau qui frémit, humiliée. 

 

Je ne veux pas t’aimer, 

A l’ombre de tes paupières, 

Je ne veux pas me lover 

Ni entendre tes mots 

Ni sentir ton nom 

Ni blêmir à tes caresses 

Ni surgir de ta mémoire. 

 

Je ne veux pas t’aimer 

Même si mon cœur est rempli de poussière, 

Je veux rester là 

Sans chagrin et entière 

A la stèle de mes désespoirs 

Y poser juste quelques fleurs 

Pour y voir une ombre de couleurs 

 

Je ne veux pas t’aimer 

Ce serait offense 

Que de désirer ma mort ! 

 

Cat 2006 

Il deserto

Ma bouche se fait hurlante 

Et je m’enlise aux dunes brûlantes 

Pour n’y plus croiser ton regard 

Chavirant mon cœur qui s’égare. 

 

L’oasis au loin en mirage 

Plus réelle que ton image 

 

Et ma peau qui frissonne 

Perdue à tes mains qui raisonnent. 

 

Je n’attends plus 

Au sable des déserts nus 

 

Je ne crierai pas 

Egarée à tes pas 

Et je vais au sable noir 

Des dunes de désespoir 

 

M’ensevelir ! 

 

Cat 2006

Nebula

Au moelleux de vastes nuages, une musique obsédante, indécente, tentatrice, chaotique, frise à ma chair en murmure irisé au rêve lumineux de la voie lactée. Une jouissance de notes en nostalgie des commencements explosent aux lacs irréels de mes cils. Une larme d’amour à ma peau qui chavire aux soupirs mélodiques du ciel où tout s’attire dans un ballet cosmique étincelant.
Dans cet infiniment grand, tout à la fois pouponnière et cimetière d’étoiles, la mélodie naît, fusionne et foisonne, s’amplifie en flambée explosive et colorée inondant l’origine des temps au cœur même du Lagoon Nebula.
Cat

Avec l’accord de Krakatau et librement inspiré de sa musique Nebula
www.anak-krakatoa.net/~downl/misc/nebula.mp3