Quand je t’ai vu … décembre 31
Quand je t’ai vu sur des mots, c’était un peu comme un jour de grand soleil avec le rire en plus comme un cadeau échappé du ciel. J’entendais ta voix comme un souffle de vent sur la joue, au bord de la mer ! J’ai pensé que là où je naviguais jusqu’à présent, à l’aveugle, dans ces ports d’attache aux eaux troubles où je ne faisais que m’ignorer, tu serais ma terre d’asile, un arrêt long sur image !
Et l’océan chantait son tango au son d’une guitare et je me laissais bercer par des notes de miséricorde, un peu comme un miracle ! J’avais oublié qu’on ne donne pas de trésor à une passante, à une va nu pied, ce ne sont juste que des miettes jetées là parce qu’on ne sait quoi en faire. L’ombre ne lâche pas facilement sa proie et la misère colle aux basques, rien à faire ! Et tu fais la queue dans mon cœur comme une éternité salée, un jet d’alcool fort versé sur une plaie à vif, la guigne ça te coule dans les veines ! Et la vie qui se fait la malle plus vite que les moineaux sous la grêle !
C’est la folie qui me réveille, un besoin immédiat d’un trop plein de silence pour que les mots criés à tue le cœur se retrouvent intacts, comme de bons souvenirs qu’il fera bon se remémorer au coin du feu quand je serai vieille, demain ! Je sais que jamais je n’accosterai sur ce bout d’île où le sable écrit l’histoire, une histoire pour les petites filles, une sorte de conte sans morale ni fierté.
Ecoute, tout a été dit, mais les mots seulement les mots, ça tue, ça endort, ça crève de soumission et d’inaction et ça soûle aussi bien qu’un whisky bien tassé ! L’amour est un gémissement, une hérésie, des racontars ! C’est juste fait pour qu’on se quitte, et je vertige à ce mirage, je vomis jusqu’à la moindre infime larme versée sur une sérénade pour attardés !
Et si je pleure c’est bien encore du chagrin des illusions dans ces solitudes sordides où l’espoir se fait sans mémoire. Les étoiles n’ont pas besoin de moi pour briller, c’est là où il y a maldonne mais on invente pour se rassurer des histoires de parfums, des déraisons sentimentales brumeuses et embrumées. Faut pas rêver, le rêve c’est du diable, c’est de la poudre aux yeux pour ceux qui n’ont rien.
Dans la nuit où je m’engloutis, là où je me mortifie, j’entends les bruits du monde qui s’agite, j’entends les coups d’horloge m’agripper aux années qui trépassent, j’écoute les vagues gronder au vent malsain de ma folie, et je te salue l’ami, toi qui referme aujourd’hui la page d’écriture sur le mot fin !
Cat 2006