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Le silence …

décembre 17th, 2006 by Cat

Le silence suspendu aux rives inconsistantes du sourd à lui-même, vide de signification même si pleinement sonore, s’égare à l’exacerbation du déséquilibre, excitant les sens réactifs au monde duquel s’engendrent la haine et la violence. 

Le fou, frappant aux vitres de ses peurs intestines, vociférant, hurlant, se trépanant aux portes de ses maux, crucifié à sa déraison, ne se décourage pas de souffrir, acharné à se perdre, se roulant à la fange de ses délires putrides, juste pour la sensation d’exister. 

Pour ce passionné du malheur, ce féru de l’aigreur, le silence est plaie et couteau et le Soi demeure introuvable, cloué aux portes de l’inexistence.

Le mendiant, lui, ne désire rien et se tait !

Cat 2006     

 

 

 

Posted in Tonal - CHIDA |

12 Responses

  1. MthP Says:

    Le mendiant est au delà du désir, il l’a mangé comme on brûle la dernière planche d’une île déserte pour se réchauffer la nuit. Il attend qu’un naufrage se reproduise à proximité de ses mains , de son corps écroulé. Il connaît les surplus de cargaisons qui n’appartiennent plus à personne, donc appartiennent à tous. Et c’est cela qui le tient encore un peu éveillé.

    Le fou est strangulé aux boyaux écorchés vifs du désir. Il voit son sang bouillonner dans le regard de l’autre et il n’a rien dans les mains pour le garroter, alors il crie, il gesticule, ou s’immobilise … tétanisé pour longtemps…
    Les paroles et les médicaments le soulagent un peu…

    Le sourd a des ressources, il peut voir à l’envers des bouches, il reconstitue le son dans des alvéoles de silence.
    C’est un son contondant, vibratoire, et visuel.
    Lire à ce propos le beau témoignage d’ Aurélie de la Selle RIEN NE SERT DE PARLER SI FORT qui a aussi un blog où elle dessine aussi (OREILLETTE). http://oreillette.typepad.com/

  2. Refracteur Says:

    C’est bien, il y a un bon rythme, mais il y a trop d’adjectifs. Les adjectifs ce sont des pièges à loup, si bien que le lecteur reste bloqué au milieu de phrase, le pied grippé par “intestines”, par exemple, et ne peut plus poursuivre. L’adjectif a trop de poids, - ou c’est une mine (et on ne vit qu’une fois).

  3. Cat Says:

    Merci Mthp … j’ai visité le blog d’Aurélie, un vrai bonheur, et lui ai laissé un petit mot en silence …

    Refracteur : merci du conseil, j’en tiendrai compte

    cat

  4. jean lou Says:

    Intestines ,ces “luttes”…
    borborygmes et autres émissions sonores,variées,insolentes,
    mais si humaines et si intimes, qu’incarnée, La Vie,qui se manifeste, là également, n’en est que plus émouvante.
    Et, si, hors conventions, hors in humanités “polies” pour les uns,”bien élevées”, bien “éduquées” pour d’autres, nous re découvrions et incluions enfin, tous les aspects de Notre Condition Humaine, en les appréciant, les aimant.
    Nourrissons, n’étions-nous pas “purs” et hors ces fausses considérations de pseudo “pas bien”, lesquels, finalement, ne font que constituer le socle de nos névroses entretenues toujours par ces systémes hypocrites dits de “bienséance” ?
    Vive les borborygmes claironnants et détonnants

  5. Cat Says:

    bien sûr Jean-Lou tout est dans l’acceptation comme le dit si bien Lee que ce qui est est ici et maintenant … et voir et accepter tous les contours mêmes les plus obscurs de notre condition humaine est avancer vers … un objectif qu’il appartient à chacun de définir … tu connais mon objectif, je n’y reviendrai donc pas !
    merci de ta présence
    cat

  6. pant Says:

    le mendiant ne fait que demander…

    le fou est indispensable : fou est le grand reporter, fou est le pompier, fou est le chirurgien, fou est l’acteur, fou est l’artiste, folie est la nécessité qui pousse hors la raison à faire oui à faire

    le sourd ? à savoir si de naissance ou pas, celui qui a perdu ne cherche qu’à retrouver, celui qui n’a pas eu ne sait pas quoi demander.

  7. Cat Says:

    Merci Pant, tu as raison si nous nous plaçons dans une réalité ordinaire … je ne suis pas ici dans cette réalité là … le mendiant n’est pas celui qui chemine dans la rue et que nous pouvons croiser tous les jours malheureusement, le fou n’est pas celui que tu décris … je suis juste dans une réalité ailleurs d’où l’idée de lire ce texte à différents niveaux …

  8. MthP Says:

    Mendicité,Folie et Surdité. Trois palettes étrangement superposables. La réalité réclame davantage et c’est de l’ordre de la protection…Quoiqu’on en dise…

  9. Cat Says:

    MthP

    Je partage cette approche de la protection naturellement et totalement et quoiqu’on en dise effectivement
    merci de votre visite
    cat

  10. Arielle Says:

    Le silence

    Le silence a peuplé de rides le désert
    Et semé des cailloux à la place des mots.
    Ça et là dans le sable une rose de pierre
    Cherche à sculpter le vent qui lui renvoie l’écho
    De cette fête ancienne où les feux montaient clairs
    Dans la nuit souveraine étoilée par les voix.
    La musique s’est tue, le vent n’a plus de chair
    Et déploie son linceul, infiniment, sans joie.

  11. Cat Says:

    Merci Arielle, magnifique !
    cat

  12. pant Says:

    Se transformant l’ameute…

    Non c’est entre nous que se parlent les fous

    De leurs sangs jaillissent des mirages ou des classes de reines et lorsque tu le crois tu y rentres chez toi et mon songe est couvert de poux

    Et un soir c’est dimanche quand j’aurai 11 ans juste après demain il sera midi et le matin déjà coulera encore son désir dans le creux de mes reins et c’est la grande échelle qui se cause à mes oreilles et celle ci dérape et crisse au ton des graviers

    Alors quand tu te pointes aux allures de la mitraille me voilà gris et je me fuis loin de ça tu défailles comme des yeux qui se décollent de nos vieux rêves d’amour

    Et comment de l’ancêtre tu y entres de ma vie elle est là liseron…

    Tu as pris ma vie tu as pris mes morts ceux qui creusent bas dans le creux de mon corps tu le sais la voilà la vie qui se veut devant moi et pourtant se regarde par là mais les maris jaloux qui me surveillent ne sont que mon père qui joue avec mes bretelles non je ne suis pas le cil sur ta joue je crains que de mon cheval tu parles d’audace au trop de peut-être et que dans le temps se glisse comme des fontaines oui à demi-fou je marche sur mes veines et dans la rivière je trouve des bleus d’océan et des nuits de ruisseaux

    Dans mon sang Epona se rive au fer de nos caresses j’y suis soudain pontifex caressant le mystère qui s’ouvre que ta peau est douce et finalement nous nous entendons c’est l’enthousiasme et peut être aussi le vin de mes cercueils qui se vieillit si loin

    Alep est au quart temps mais tu me dis fou fou je rêverai

    Ô douces nuits de mensonges qui se tissent jamais et se finissent en daim grand arrive le matin

    Ta vie sourde et je luis sourd après quand le désir qu’il nous faut jaillit du vent nouveau bientôt je serai tout sans forme ni contrainte je pourrai ours dériver sur le ciel cinq ans quand le temps sera passé ta vie est essoufflée je vais bientôt sur ta main tomber comme un sourcier se rapproche de l’eau moi se sera de l’autre qui se retourne elle quand enfin je redoute tous ces murs qui nous enceintes se creusent aussi de murs où se déroule un long chemin de fer et ses mille et mille wagons c’est un lieu qu’il le faut je le sais maintenant si je suis devant toi un jour

    Dans un instant je meurs mon coeur l’a déclaré il songe et c’est si lent presque à le stopper soudain tout de miettes m’est assigné dans tous les tons de tristesse le froid gagne de la nuit au matin

    Mais la voilà parfois la belle intruse qui roule jusqu’à moi c’est le monde qui la porte jusqu’à moi et donc encore une fois je m’en sors bien

    oui

    je m’en saur

    et je me reviens…

    Merci

    Et à demain…

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