Le soleil .. mai 12
Le soleil se voilait,
La nuit s’annonçait
Dans une soudaine fraîcheur
Qui le fit frissonner.
Il sait ces soirs
Où la langueur
Se pose.
Il ferme les yeux,
Inspire,
Ressent,
Pressent.
Le noir gagne
Comme un sommeil
Qui pourtant le fuira,
Comme souvent.
Il voudrait dire
Cet impossible à dire,
Mais à qui ?
Parler de ce vide abritant sa vie,
Comme un désespoir muet
Une béance,
Une absence.
Il regarde Paris s’éteindre,
S’immobiliser dans un silence
Comme un temps éternel,
Où lui seul demeure.
Il ne cherche plus
Ni ne demande,
Il est là … et ailleurs
Le passé, le présent, le futur
Se troublent, se confondent
S’entrecroisent,
S’annihilent
Et lui s’y perd.
Il y a longtemps
Sur ce quai de seine,
Une femme jouait un air,
L’air de rien.
Lui écoutait,
Condensant sa vie
Dans une partition.
Il tente mais en vain
De se rappeler les notes,
Celles qui l’ont enfermé
Dans un rêve sans fin,
Une sorte d’éternité
Sans histoire,
Où la sienne s’est perdue.