citations ou pensées du jour août 4
- L’amour est une énigme, il me vient à l’esprit qu’il est sans doute bon de ne pas en chercher la solution !
- Mieux vaut couper les branches malades d’un arbre que de devoir tôt ou tard le couper tout entier.
- L’amour est une énigme, il me vient à l’esprit qu’il est sans doute bon de ne pas en chercher la solution !
- Mieux vaut couper les branches malades d’un arbre que de devoir tôt ou tard le couper tout entier.
“On n’est jamais heureux que dans le bonheur qu’on donne. Donner c’est recevoir.”
Abbé Pierre
Pourvu que tout le monde s’en souvienne …
Le pire n’est jamais certain mais s’y préparer chaque matin au réveil, peut, s’il ne se présente pas nous avoir fait passer une bonne journée, certes ce n’est qu’a posteriori que nous le constaterons mais quel bonheur alors de se coucher en bonne condition …
Ceci posé, la « préméditation au malheur » est un exercice périlleux !
Librement inspiré de Marc Aurèle …
Et en cadeau cette petite phrase de Montaigne que j’apprécie tout particulièrement
« Courir après alors que nul n’est arrivé à Soi »
Cat 2006
Sur ce chemin campagnard où je chemine me dirigeant résolument vers une montagne pyrénéenne, je m’interroge sur la naissance même de ces mots que je pose ici ou là à la volée à qui veut les lire, et à leur teneur, aux messages qu’ils véhiculent car même si sortis tout droit de mes entrailles, par certains aspects ils me demeurent inconnus dans le cheminement même qu’ils empruntent, dans cet imaginaire qui est mien, avant de s’étaler offerts sur le papier.
La sublimation est un des actes premiers, ma pensée naît, s’amplifie, prend forme et se développe dans une sphère rêveuse, aux confins d’un absolu que je pressens plus que je ne le connais, à la fine pointe de mon âme. La sublimation est un acte raisonné et tout autant déraisonné ne reposant que sur une fantasmagorie personnelle dans laquelle je chemine sans sécurité. Il n’est qu’un pas à franchir là pour pénétrer la schizophrénie ou le dédoublement de personnalité. Ma folie est une évidence consciente et maîtrisée, heureusement ! La sublimation repose tout entière sur une exagération des événements, une mise en incandescence d’un quotidien médiocre au demeurant. Car la vie dans son contexte habituel est de mon point de vue infiniment et définitivement ennuyeuse. L’équilibre consiste là à des allers/retours constants entre le médiocre et le sublime. Rester dans le sublime revient à rêver sa vie plutôt que la vivre et entraîne inexorablement si le réveil se fait de manière trop brutale à « péter les câbles ». En revanche, aller de l’un à l’autre en permanence peut me mener sans doute à percevoir cette voie du milieu dans laquelle je peux rester sans danger psychique.
Mon écriture propose modestement cela, cette mise en mots d’aspirations plus élevées que celles que la vie me propose d’emblée et ces aspirations ne peuvent reposer que sur des sentiments, émotions tournant autour et quasiment essentiellement de l’amour naturellement. Quelle chose plus sublime que l’amour pourrait me toucher ? L’amour est la forme la plus aboutie du rêve humain dans son acception la plus divine. L’amour non sublimé, courant, quotidien, sans que je le rejette d’une quelconque manière et bien que toutefois je me refuse à m’y fourvoyer, a pour moi un goût d’insignifiance tentaculaire que je ne puis ramener dans mon écriture sans me séparer intérieurement d’un désir créatif qui me demeure vital.
L’amour sublimé repose sur une perception exagérée, magnifiée d’un sentiment généré par un autre, cet autre n’étant pas pour autant et forcément partie prenante de l’histoire. En effet, une muse ne se choisit pas comme un kilo de carottes au supermarché, elle s’impose comme par un coup du sort bien que de mon point de vue, le hasard n’ait pas grand-chose à y voir.
L’écrivain et la Muse se rencontrent car cette rencontre leur est essentielle, vitale quand bien même une des deux parties et pas l’artiste généralement, n’est pas partie prenante consciemment. Les deux âmes alors dialoguent et la muse est, de toutes façons, quelle qu’elle soit, essentielle et joue un rôle indéniable dans le processus créatif. Qu’auraient créé Dali sans Gala ou Baudelaire sans Jeanne Duval et si la Muse est communément Femme, le principe même peut en être masculinisé pour répondre à la créativité féminine longtemps niée.
Certes ce rôle est difficile à tenir car « la muse est la langue », « l’inspiration personnifiée » et met en branle tout le processus créatif et poétique mais tout autant devient objetivée et l’homme muse a, le plus souvent, une certaine difficulté à se retrouver objet même dans sa finalité la plus désirable. La relation doit donc s’établir en absolue confiance, en conscience y compris des dangers que ce positionnement suppose. Le piège de l’amour porté à son plus haut point de fascinance et qui plus est gravé sur le papier, peut avoir des effets pervers que ni l’écrivain ni l’inspirant ne pourront véritablement maîtriser. C’est un risque, le risque de tomber amoureux de manière traditionnelle et très humaine ou de se sentir piéger dans une sorte de miroir aux alouettes … pas forcément mais … La muse peut alors se dédire, se retirer, se refuser, l’artiste restera orphelin et vide un moment, touché profondément naturellement et ce d’autant plus que sa créativité s’alimente dans les plus hautes sphères … mais rares sont les écrivains qui ne rebondissent pas et qui après quelques temps au cœur du gouffre, ne renaissent pas de leurs cendres et écrivent mieux peut-être, plus juste, l’expérience même dans sa plus grande noirceur étant toujours porteuse d’un sens de clarté.
« J’allais sous le ciel Muse, et j’étais ton féal »
De mon simple point de vue, le vrai poète ne peut se départir d’invoquer la présence, de boire aux lèvres et au cœur de la « nourricière de l’âme » dans une relation qui n’est souvent d’ailleurs que profondément spirituelle et où le commun y verra quelques déviances éventuellement d’attirances sexuelles. Or les muses ne sont pas forcément les amantes ou les amants mais bien au-delà de cela, les muses sont les Dieux qui soufflent à l’oreille de l’écrivain les oracles qu’il ne sait reconnaître seul en lui-même. Mes écrits inspirés aux sources même de mon cœur et de mon âme peuvent apparaître dogmatiques, donneurs de leçons, orgueilleux, hautains, intransigeants … oui … et pourtant il s’agit là d’une mise à nu de soi face au monde, d’un exercice d’auto analyse constant. Ecrire est être violé par le lecteur, être confronté, être vilipendé, être détesté même … l’écriture est donc une démarche de mon point de vue plutôt courageuse destinée à ouvrir des portes de compréhension car je ne fais que chercher qui je suis et l’autre en ce sens m’est indispensable, dans ses critiques, dans ses agressions, dans ses rejets comme dans ses messages d’amour. Dans cette quête éternelle du sens de la vie, j’offre aux lecteurs mes propres axes de recherche, mes propres divagations, mes propres errances, mes propres angoisses non point pour l’attirer dans mes souffrances mais bien pour lui signifier qu’il n’est pas seul et que je partage les mêmes questionnements que lui et qu’ensemble nous connaissons les mêmes terreurs. Et si permettre d’ouvrir une porte, en miroir, pour soi et pour l’autre, est orgueil alors je suis un écrivain orgueilleux. Mais j’offre dans ce jeu des jeux, dans ce jeu de Tao qu’est l’écriture, un miroir et me pose et pose toujours la question « que cherches-tu ? » car à cela, personnellement, je ne réponds toujours pas … et je cherche encore et toujours jusqu’à la confrontation létale, c’est ma vie ! Et si les écritures édifiantes mais hurlantes et souffrantes sont insupportables pour certains, alors les Cioran, Régis Nivelle ou Gamoneda entre autres sont à brûler rapidement … toute écriture perturbante est une leçon en elle-même non dans un sens dogmatique mais dans un effort de partage avec le lecteur sans lequel je suis définitivement stérile et seule. Et je prends là tous les risques à mon péril, car il me faut gueuler « mon désir à tout autre désirant » …
Et la tempête peut m’engloutir, la défaite me crever, l’impossibilité aussi d’atteindre ce morceau de terre ferme et lumineux où je pourrai me trouver … oui et cet objectif que je poursuis par l’écriture, par la peinture, n’est peut être qu’un rêve, qu’un leurre … mais il vaut sacrément le coup !
Et voilà je t’invite toi le lecteur qui me fait la grâce de me lire et si tu le souhaites à cheminer avec moi, sans crainte, sur cette route ô combien incertaine et périlleuse !
Cat 2006
en clin d’oeil entre autres à mon ami Pant
L’invisible signifiant en tant que sans forme est ailleurs ou n’est pas, plus
simplement … un souffle obscur dans une cave profonde dont le chemin reste à
parcourir car à découvrir … perte et présence sont l’envers d’une même
signifiance, tout est à la fois toujours et éternellement présent en pure perte
… L’écrit en survivance oui au temps et à la parole sans œil pour voir, langue
pour goutter, oreille pour entendre, autrement dit, la survivance de l’écrit, les cris, à
la mort de son créateur … la survivance de l’écrit n’a d’intérêt que si cette
même survivance s’applique dans l’ici et maintenant et permet à l’auteur d’être
vivant d’abord, re né, re accouché, ré incarné aux sanglots de ses écrits …
déracinés ou emportés non en supposition d’un épistémé mais dans ses certitudes
en racines et en envols à la trame de ses maux non plus instabilisés dans un
corps critiqué mais désormais investi dans un corps sublimé et magnifié … et là
pénétrer la voix non plus pour incarner l’exil mais pour créer l’amour en
fusion.
Cat 2006
merci à régis Nivelle - http://www.artistasalfaix.com/revue/
Ecrire ou le tenter avec pour trame ma seule émotion même si elle me demeure finalement presque étrangère … le mot, la parole, l’écrit sont des prises de risque permanentes de se trouver en tant que créateur bien en dessous de l’objectif et ce même objectif d’ailleurs est-il compréhensible à l’écrivain lui-même ? Car il s’agit bien là de se toucher au plus près, de pénétrer la source même de sa vie, de l’éclater, de l’écarteler, de la disséquer pour en comprendre les rouages, pour se rencontrer dans ces rouages. En réalité, le verbe emprisonne l’émotion, dénature le ressenti, le mot formulé reste inadapté quand bien même son objectif est clair. L’écriture permet d’appréhender son propre chaos et tout autant en le couchant là presque en don au lecteur, tenter de l’orchestrer pour y trouver une certaine harmonie, une sorte de paix qui s’appréhende en réalité bien de l’intérieur mais qui pour être assimilée se répand, par l’écrit, vers l’extérieur, pour l’extérieur. En réalité, l’écrit sans lecteur reste t’il un écrit ? Les mots posés là ne reviennent-ils pas tel un boomerang dans la figure même de celui qui à la fois les vit et les rédige, dès lors qu’il n’offre pas ses écrits à ce lecteur indéniablement miroir de ses propres émotions ? Je me demande alors qui de l’écrivain ou du lecteur fait la réelle valeur de l’écrit ? Cat 2006