Je suis …

Je suis, oui, mais morcelée, éparpillée, en manque de la Présence innommable. Pourtant il m’arrive, au détour d’une absence, de m’approcher de la source à laquelle j’étancherais ma soif. Là, l’Etre m’effleure mais ne me touche pas et je perds le désir, égratignée à la nostalgie insensée qui m’habite et me foudroie.

En vérité, rien n’est à perdre sauf l’illusion du contraire. Tout est là, en immanence … Le chemin aussi sans savoir en retrouver toutefois la trace alors même que l’effet d’être dedans et non plus devant reste si vif à ma mémoire. Voici le souvenir de la peau dans la peau, l’amour de l’amour même en mystère silencieux. Ce Rien où tout me manque…

Assurément je pourrais sans doute vivre sans questions … Pas sans l’Autre, celui là même dans lequel je m’aime, dans lequel je trouve mon entièreté même si cet Autre n’est pas l’Un connu en moi mais à travers duquel je Le cherche et Le trouverai.  Comment faire pour que l’Absence insondable ne me lacère plus de l’intérieur ? MdeM 2006   

 

Cantique 1, 2-4

Il me baisera des baisers de sa bouche 

Son étreinte m’entraînera plus haut que le vin 

Tes odeurs, tes huiles, ton Nom 

Beautés ruisselantes, 

les jeunes filles en frémissent, 

Prends-moi, courons ! 

Le Roi m’entraîne dans ses appartements, dans sa chambre, 

vers les jubilations, la joie … 

Comme il est juste d’aimer, 

l’ivresse de l’amour est plus raisonnable, 

plus douce que le vin. 

Cantique des Cantiques - l’érotisme à son plus haut niveau  

 

 

un rêve …

Etait-ce un rêve quand dans mes nuits étirées comme des jours languissant de sa présence, je me suis abandonnée sous son regard façonnant à mon âme à nu, l’œuvre magistrale de toutes les transgressions sublimées …  

Lovée au creux protecteur de son cœur, je m’offre au secret des profondeurs … en jeu subtil de l’amour porté au plus haut, au plus loin … me laissant envahir de l’euphorique obéissance à nos inspirations révélatrices de nous-mêmes …  Je le laisse pénétrer là, en maître unique, ces espaces méconnus et inviolés exacerbant la nécessaire vérité de nos sentiments en aboutissement futur …  

Et je m’incline face à l’œuvre en devenir qui, non écrite encore, ne peut révéler tous ses talents …   MdeM