Le comble …

Enregistré dans : Nihilisme ou ? — Wrote by Cat on Lundi, novembre 27th, 2006 @ 11:41 pm

Penser qu’il n’y a rien entraîne de fait la cessation de toutes formes de recherche et quel repos, quel soulagement !  Ainsi dans cette expérience du rien dans le rien, nous ne pouvons que profiter du moment pleinement car nul avenir ne saurait apparaître !  Là est sans doute le lâcher prise et l’abandon définitif de nos masques grimaçants et bien pensants, nous prenant décidément toujours pour quelque chose, pleins de ces certitudes illusoires et mensongères, que nous jetons avec délectation en pâture au monde, le même monde s’en foutant par ailleurs totalement ! Ce cynisme exacerbé au fond n’est-il pas finalement le comble de l’humour porté à son paroxysme ? Nier jusqu’à l’existence n’est-ce pas dépasser ses propres frontières pour enfin et alors approcher Dieu dans un désormais éternel éclat de rire ? En ce qui me concerne et là très précisément, je suis prise d’un incoercible fou rire … Cat 2006 

Nihilisme et mauvaise digestion :-)

Enregistré dans : Nihilisme ou ? — Wrote by Cat on Lundi, novembre 27th, 2006 @ 10:34 pm

Incroyable le nombre de nihilistes souffrant très probablement de mauvaise alimentation entraînant sans nul doute de grands troubles de digestion comme le soulevait un des lecteurs de ce blog qui se reconnaîtra et que je salue !
J’avoue personnellement que ces écrits me font plutôt rire …un tel pessimisme n’est-ce pas finalement le comble de l’humour ?

« [Adam] vivait séparé de sa femme depuis la mort d ‘Abel, car il s’était dit “Pourquoi engendrer des enfants, si c’est pour les exposer à la mort ? “ » Louis Ginzberg, La légende des Juifs
« Fumées de fumées, tout est fumée » (1,2) « Mieux vaut le jour de la mort que le jour de la naissance… » (7,1)  « Et je félicite les morts plutôt que les vivants, et mieux que les deux, celui qui n’est pas encore, qui n’a pas vu le fait du mal qui se fait sous le soleil… » (5,14) L’Ecclésiaste (La Bible, traduction d’André Chouraqui)
« Maudit soit le jour où je suis né ! Que ne m’a-t-on fait mourir dès la matrice ! Ah ! si le sein de ma mère avait été mon tombeau, Si ses entrailles m’avaient éternellement gardé ! Pourquoi suis-je sorti du sein pour ne voir que tourments et misères ?… » (20, 14-18) Jérémie (La Bible des moines de Maredsous)
« Le mieux pour l’homme eût été de ne pas naître, ensuite de mourir jeune, et le pire de vivre longtemps » Theognis de Mégare (540-500 ?)
« Ne pas naître, voilà qui vaut mieux que tout »  Sophocle (495-406 av J.-C.)
« La vie ne semble un bien qu’à l’insensé… »  Hégésias (IIIè siècle av J.-C.)
« Quel mal y avait-il pour nous à n’être point créés ?… » Lucrèce (49 av J.-C.)
« Heureux qui ne fut onc. Plus heureux qui retourne en rien, comme il était.» Ronsard (1524-1585)
« … Tout ce qui prend naissance mérite d’être détruit ; mieux vaudrait dès lors que rien ne naquît» Méphistophélès dans “Faust” de Goethe
« Naissance : la première et la plus terrible des catastrophes » Ambrose Bierce (1842-1914) Dictionnaire du Diable
« C’est naître qu’il n’aurait pas fallu » Louis-Ferdinand Céline (1894-1961)
« … Moi, Antonin Artaud, né le 4 septembre 1896 à Marseille… d’un utérus où je n’avais que faire et dont je n’avais rien eu à faire même avant… » A. A.
« La naissance… est l’unique drame qui se déroule avec le droit absolu de se dérouler… »
Peter Sloterdijk,  Essai d’intoxication volontaire.
« N’être pas né, rien que d’y songer, quel bonheur, quelle liberté, quels espaces »
Cioran, De l’inconvénient d’être né
« Donner la vie, ce poison ! En faire venir d’autres en ce monde, cette galère ! Qu’il faut être cynique, méchant ou stupide ! »  Réjean Ducharme, L’Océantume
« Ne vous vengez pas sur vos enfants de la pire vacherie que vous ont fait vos parents : vous faire naître… » Bernard Werber, Le jour des Fourmis
Cat

Vaines …

Enregistré dans : Nihilisme ou ? — Wrote by Cat on Lundi, novembre 27th, 2006 @ 8:14 am

Vaines sont les tentatives d’atteindre un éventuel salut ! Rien ne peut nous sauver de l’ennui abyssal de cette vie sans rationalité sans compter qu’il n’est pas certain d’ailleurs qu’il y ait un salut ni peut-être même une vie en fait car comment définir ce qu’est la vie au fond ?
La plénitude est une aberration et nous aurons bien le temps d’y goutter après la vie si tant est que nous puissions avoir alors le goût de quelque chose et si tant est qu’il y ait quelque chose après la vie ! D’ailleurs, la vie éternelle ne repose sur rien, ce n’est qu’un axiome !
Le bonheur n’est pas à atteindre, il est dans l’immédiateté du moment et l’espérance est une hérésie, une vile illusion destinée à nous faire avancer aveuglément vers une finalité dont on ignore tout ! Le bonheur ne repose pas sur l’obtention de quelque chose puisque le moment arrivé nous déçoit dans la plupart des cas et nous emmène immédiatement vers un autre désir … le bonheur n’est-il donc pas simplement ce simple désir de … sans tenter même de l’atteindre ?
Le pur plaisir animal de la traque en somme ! Sans toucher la proie ! Le plaisir d’un bonbon qui nous fait saliver sans en goutter la moindre saveur ?

Ou …. le bonheur ne serait-ce pas d’Etre sans désir ?

La solitude est absolue, croire ne pas être seul est une fantasmagorie, nul autre au monde ne peut ni comprendre, ni percevoir, ni entendre, ni vivre mon histoire … le goût des épinards a dans ma bouche une saveur inexplicable et impartageable … juste avec l’autre quelques repères, quelques similitudes et s’identifier est une divagation. C’est dans cette solitude en tentacules que je me construis unique et entière, non dans une finalité égotique mais bien pour échapper à cette attente illusoire qu’un autre puisse me remplir là où je suis vide, c’est un leurre. Je vis et meurs seule mais je peux partager ou le tenter en tous cas, mes peurs, mes joies, mes amours quoique l’autre en reste définitivement et indubitablement extérieur. 

Le mirage de l’oasis n’étanche pas ma soif !

Il y a certes une grande désespérance à ce constat ou dirais-je un grand réalisme mais l’essentiel n’est-il pas de marcher les yeux ouverts et de se sentir le mieux possible en sa compagnie, à la condition de s’être rencontré, et sans espoir autre ? Et les tentatives d’emprisonnement des uns comme des autres sont définitivement vaines, nul ne peut posséder qui que ce soit, nul ne peut remplir qui que ce soit, nul ne peut se remplir de qui que ce soit, même pas en rêve !
 

Au secret d’un rêve, je crois apercevoir une silhouette mais ne sais la reconnaître !
Au subterfuge d’un délire, je crois entendre une voix mais ne peux m’en souvenir !
Là, terrifiée, je découvre qu’il n’y a que moi !

Cat 2006

© Cat.savarts.com