Dans les matins loin ailleurs… de Pant janvier 2
Fatale dédicace à Cat
Quand elle s’ébroue c’est dans la neige que les flammèches tombent en pluie c’est ainsi qu’elle pose sa colère
Quand elle se dresse sur les pieds hauts de la lune c’est aussi qu’elle s’ennuie et que le voyage ne fut pas bon ni le vin d’ailleurs non ni celui d’ailleurs cet endroit qui est trop loin et plus proche de nos âmes
Quand elle rit elle porte ses doigts à la bouche peut être par dégoût mais elle se teinte de bleu encore oui car le rouge est noir sans oxygène qu’elle se damne dans mon sang c’est ainsi que les matins je me réveille sans aile car tout à fait je ne suis pas plus jamais été non plus un ange mais plutôt un monstre de papier carné
Est-elle silence ou solide ou bolide ou sordide non est-elle sapience plutôt que fleur même si son silence est dentelé et qu’il perle à ses étamines
Je me penche sur ses caractères sur ses mots sur ses dédicaces mais oui je m’y vois pourtant je n’y suis pas non jamais c’est trop général oui trop gêné et je râle ça c’est mon souffle qui déraille pas elle qui défaille elle ne sait pas non elle ne fait pas elle chante seulement car elle se met en transes avant le voyage elle pose oui elle dépose oui elle se repose après parfois âpre et
Tout ce qui est dit est géré oui elle sait ce que je ne vis pas car elle l’a vu antan dans celle-là ou dans celle d’avant ailleurs
Est-elle dans la plénitude alors qu’elle est la donneuse de miel non pas l’abeille pas plus que la reine non plus que la ruche mais la vie sucrée qui est la vie d’elle dans ce qu’elle est d’amour mais le vit-elle pour elle alors que moi je l’ai vue
Oui au moins une fois je l’ai vue dans ses voyages fait en moi fait avec moi sans que je bouge sans que je meurs plus de quelques fois non elle a fait fuir d’ivresse mes démons alors que oui alors que ivres ils l’étaient déjà souvent tout le temps en moi car ivre est le mot qui se colle à l’autre pour se donner encore et encore se donner et se transformer car c’est dans une danse dionysiaque que la touche se crée que la toile se bée et que la porte se tisse
Au mot tel qu’il est de l’Amour
Suis-je dans une longitude feu de l’enfer mais qui s’érige au pire des ongles carminés effilés, quand dans la glace je m’échoue et que les gerçures tombent en cris de l’en rage.
Quand dans les quartiers lunaires, j’accroche mes rêves mortifères et que le passage ne fut ni bon, ni point mauvais, d’ailleurs même que l’eau à ma bouche ne s’altère davantage, j’y pose ma fureur et non une humeur.
Aux portes de mes sourires car point de rire à ma bouche, juste un doigt posé en goutte de sang à mes dents, bleu sans air et sans aile, car dans les matins pâles, je m’évapore sur le dos des anges déchus écrasés sur un papier froissé et livide.
Le silence est un bolide à chevaucher les soirs sordides où la fleur se fane aux éclats de lune, éclairs larmés asséchant les mots posés délicats sans dédicaces et libres de toutes entraves. Et la transe se révèle solitaire, car nulle place dans l’étroitesse du non ordinaire à celle qui parfois se décompose là où tout est dit sans nécessité de se dire, là où la vision est parfaite et sans histoires d’antan ou d’avant ici.
S’agit-il d’une plaine verdoyante où l’en vie salée s’étale sur un tissage de mort ou d’amour, n’est-ce point là même chose ? Et puis-je vivre en moi ce qui a été vu ailleurs ? Si dans mes voyages, il se puisse que l’un, sans bouger, s’évapore à l’ivresse de ses propres démons et se découvrent mort au détour de mots non plus qui se donnent mais surtout qui transforment, la porte alors sans aucune touche, pas même de toile béante qui se tisse, se referme dans une folle sarabande.
A l’amour en mortel qu’il est je ne suis pas!
cat