Dans les matins loin ailleurs… de Pant

Fatale dédicace à Cat

Est-elle dans la latitude bleue de l’enfer celle qui se dresse au mieux des dix doigts qu’elle porte en griffures amincies   

Quand elle s’ébroue c’est dans la neige que les flammèches tombent en pluie c’est ainsi qu’elle pose sa colère

Quand elle se dresse sur les pieds hauts de la lune c’est aussi qu’elle s’ennuie et que le voyage ne fut pas bon ni le vin d’ailleurs non ni celui d’ailleurs cet endroit qui est trop loin et plus proche de nos âmes

Quand elle rit elle porte ses doigts à la bouche peut être par dégoût mais elle se teinte de bleu encore oui car le rouge est noir sans oxygène qu’elle se damne dans mon sang c’est ainsi que les matins je me réveille sans aile car tout à fait je ne suis pas plus jamais été non plus un ange mais plutôt un monstre de papier carné

Est-elle silence ou solide ou bolide ou sordide non est-elle sapience plutôt que fleur même si son silence est dentelé et qu’il perle à ses étamines

Je me penche sur ses caractères sur ses mots sur ses dédicaces mais oui je m’y vois pourtant je n’y suis pas non jamais c’est trop général oui trop gêné et je râle ça c’est mon souffle qui déraille pas elle qui défaille elle ne sait pas non elle ne fait pas elle chante seulement car elle se met en transes avant le voyage elle pose oui elle dépose oui elle se repose après parfois âpre et

Tout ce qui est dit est géré oui elle sait ce que je ne vis pas car elle l’a vu antan dans celle-là ou dans celle d’avant ailleurs

Est-elle dans la plénitude alors qu’elle est la donneuse de miel non pas l’abeille pas plus que la reine non plus que la ruche mais la vie sucrée qui est la vie d’elle dans ce qu’elle est d’amour mais le vit-elle pour elle alors que moi je l’ai vue

Oui au moins une fois je l’ai vue dans ses voyages fait en moi fait avec moi sans que je bouge sans que je meurs plus de quelques fois non elle a fait fuir d’ivresse mes démons alors que oui alors que ivres ils l’étaient déjà souvent tout le temps en moi car ivre est le mot qui se colle à l’autre pour se donner encore et encore se donner et se transformer car c’est dans une danse dionysiaque que la touche se crée que la toile se bée et que la porte se tisse

Au mot tel qu’il est de l’Amour

http://pant.savarts.com

Suis-je dans une longitude feu de l’enfer mais qui s’érige au pire des ongles carminés effilés, quand dans la glace je m’échoue et que les gerçures tombent en cris de l’en rage.
Quand dans les quartiers lunaires, j’accroche mes rêves mortifères et que le passage ne fut ni bon, ni point mauvais, d’ailleurs même que l’eau à ma bouche ne s’altère davantage, j’y pose ma fureur et non une humeur.
Aux portes de mes sourires car point de rire à ma bouche, juste un doigt posé en goutte de sang à mes dents, bleu sans air et sans aile, car dans les matins pâles, je m’évapore sur le dos des anges déchus écrasés sur un papier froissé et livide.
Le silence est un bolide à chevaucher les soirs sordides où la fleur se fane aux éclats de lune, éclairs larmés asséchant les mots posés délicats sans dédicaces et libres de toutes entraves. Et la transe se révèle solitaire, car nulle place dans l’étroitesse du non ordinaire à celle qui parfois se décompose là où tout est dit sans nécessité de se dire, là où la vision est parfaite et sans histoires d’antan ou d’avant ici.
S’agit-il d’une plaine verdoyante où l’en vie salée s’étale sur un tissage de mort ou d’amour, n’est-ce point là même chose ? Et puis-je vivre en moi ce qui a été vu ailleurs ? Si dans mes voyages, il se puisse que l’un, sans bouger, s’évapore à l’ivresse de ses propres démons et se découvrent mort au détour de mots non plus qui se donnent mais surtout qui transforment, la porte alors sans aucune touche, pas même de toile béante qui se tisse, se referme dans une folle sarabande.
A l’amour en mortel qu’il est je ne suis pas!
cat

Conte de Farîd-ud-dîn’ ATTAR*

Demande faite à Junaid    Un demandeur s’assit devant Junaid et lui dit : “Ô toi qui es libre, quoique esclave de Dieu, dis moi quant est ce qu’on peut posséder le contentement du coeur” - ” lorsqu’on a perdu son coeur, répondit-il, par l’effet de l’amour” Tant que tu n’obtiendras l’union avec le roi de la nature, tu ne pourras parcourir le chemin du contentement. Dois-je considérer comme convenable l’égarement de l’atome, parce qu’il n’a pas la force de supporter la vue du soleil ? Tant que l’atome sera atome, il ne sera qu’atome; il n’est pas ce qu’il semble être, il n’est qu’un éclat apparent. si on le retourne, il n’est plus lumineux; mais il n’en est pas moins un atome, et non la source brillante du soleil. Ce qui sort naturellement de l’atome n’est en réalité qu’un atome; mais si l’atome se perd entièrement dans le soleil de l’immensité, il participera, quoique simple atome à sa durée éternelle. Ô toi atome ! tu erres comme un homme ivre et malheureux, jusqu’à ce que à force de tourner, tu sois plus avec le soleil. J’espère que toi qui es sans repos comme l’atome ! Que tu découvriras clairement ta propre impuissance. *auteur de la Conférence des Oiseaux dont voici l’histoire :

Les initiés soufis étaient au nombre de quarante. A leur douzième année d’initiation, la question suivante leur fut posée : “que cherches-tu ?”. Ils l’ignoraient et partirent alors pour un long voyage en quête d’une réponse. Une force les poussait au coeur, qui les mena vers une montagne où vivait, disait-on, l’être qu’ils recherchaient. Serait-ce un roi ? Serait-ce un dieu ? La légende parlait d’un oiseau merveilleux et magique. Le chemin fut long. Ils connurent des aventures parfois inespérées, parfois tragiques, mais toujours inattendues. Enfin, ils parvinrent, épuisés, sur le mont tant désiré. Ils n’y trouvèrent ni dieu ni roi. Seul un grand miroir les attendait … dans lequel ils purent contempler la figure qu’à eux tous, sans le savoir, ils formaient : celle d’un oiseau géant, prêt à s’envoler !

Victor Segalen - Equipée

merci Jean-Lou pour ce texte

Victor Segalen
Equipée
L’INDISPENSABLE PETIT DIEU DU VOYAGE est un petit vieux à tête ronde, au corps gras, mais transparent et tout doré, fumé, avec des reflets de suie dans un soleil d’orage. Ses pieds engoncés par cette robe impalpable, il ne peut marcher, mais doit être porté sur soi qui marche… — ou, de lui-même et d’un jet, il s’élance dans de la lumière. Le manteau qui le vêt l’informe sans déceler des membres… peut-être absents. Car un dieu n’a pas absolument besoin de singer l’homme. Ou, s’il s’incarne dans nos membres, qu’il se pousse alors plus de deux bras et deux jambes… dix à douze, autour des épaules, et des reins, afin de mieux faire sa roue ! Cependant, on devine au plissé des manches que peut-être des mains et des doigts se crispent sur la poitrine, à l’entour du creux du cœur. Car il n’a pas de cœur. Il n’est pas sentimental. Assez longtemps le cœur fut l’organe de l’amour. On avait à choisir ainsi : paroles du cœur ou mots d’esprit. — Il est temps de refaire l’anatomie humaine des dieux. On n’a jamais osé diviniser le cerveau, et c’est tant mieux ainsi : le cerveau pèse dans le crâne ; le cerveau habite dans le crâne. C’est un emmuré ; un encrâné. Mais à qui ou à quoi rattacher le sentiment Autre, le sentiment inconnu. Surtout ! pas à un viscère, organe ou boyau ! C’est une lueur dans les muscles, un moment d’or vert dans les yeux durs, et mon petit dieu est lumière et splendeur ironique… Son visage est un ricanement rond, ridé et pommelé. Il n’inspire, à tout prendre, aucune piété reconnue.
Je ne sais si l’outil qui le tailla eut dessein d’en faire un apôtre bouddhiste à la Chine, ou bien un sage du Tao. J’ai foi entière qu’il n’a jamais eu vent des apologues judaïques, ni de Jésus. Il n’importe. Les adorations et les idoles n’ont pas de formes bien précises, malgré les canons et les rites. Je lui dédierai donc les sentiments les plus inattendus. Justement, fort à propos, au plein centre de la ronde bille, en plein crâne, Ciel de la pensée, brille un espace que les jeux de la lumière font clair, invitant à y loger toute sorte de pensée mobile et fugitive… C’est un bon petit dieu de poche et de voyage. L’indispensable accessoire du vagabond que je deviens. Vide de dogmes, il sera plus léger à mes mules. Je lui attribuerai des décisions divines qui passeront comme un éclair du Sinaï de ma tête dans la sienne ; et que je rétracterai par de nouveaux et successifs Testaments. Mais, grâce à la riche matière dont il est fait, je sais bien que tout cela sera de la couleur d’un or fuligineux, — cristal fumé doré, cristal chaud, lacunaire, et passionné sous son éclat de glace.
ME VOICI ENFIN A PIED-D’OEUVRE, au pied du mont…
 

Pierre

Si le goût de la pierre
et son audace fringante
pouvait laisser nos mains
libres d’applaudir ou de caresser

Si le papier et l’encre
enfilant tous nos mots
s’affranchissent de pleurer
et se découvrent porteurs d’espoir

Alors c’est que le cri de l’amour n’en est pas un
non c’est une ode ou une symphonie
qui repousse l’agonie

Alors c’est que de quelques baisers
salir ne se peut non
qu’attendrir le présent c’est préparer l’à venir

Si le goût de la terre
te donne déjà l’apparence de la poussière
n’oublie pas le chemin

De quelques pierres
de quelques baisers
de quelques mots
tout se sert dans l’Amour

Tout se serre quand c’est contre toi

P

Cat says

Sur l’Autel de Pierre, où les mains s’immolent libres désormais de voir et de parler, caressant le papier d’encre en hymne à l’Amour, non plus comme cri agonisant de poussière et de larmes mais bien en un chant de désir de l’homme et de la femme en corps et en baisers. Alors s’éveille l’aspiration des deux âmes à s’unir ensemble échappant à la séparation en ce monde.
C

Encore

Encore

Tu te reproches et mes mains
qui tombent sur tes épaules
seul je resterai comme dans nos habits rudes
prendre un autre chemin
mais
sous le soleil je n’ai plus de place
ne reste pas
mes mains dans la glace

Que mes mémoires proches où lasses au matin
je sais rien ne te reviens
sur les mots d’un moment d’humain
que des traces des croches et des places vides pour demain

Tu trembles
parfois une fois
tu trembles et encore tu te retiens
sur ma rétine des traces en longueurs
parfois
j’ai oublié
toutes mes larmes
et mes explications pour te retenir
et nous cheminerons plein ciel

Par foi
c’est l’âme et son lent chemin juste une chose
qui s’allonge comme le mur qui monte entre nos deux patries

et à chaque loi tu te reprends
au seuil
c’est une mot dite d’histoire qui nous relie encore une fois

Tu
me revois à l’Aube et loin encore
Tu
me soutiens loin vers le Soir encore
c’est une triste histoire qui s’en souvient
nous n’y sommes plus
pas plus que demain
Tu
m’en veut encore d’être humain
m’en veux aussi croix moi
Si le ciel étaie pour moi
c’est que ma place n’y est pas assez solide

Alors encore une fois
je reviens
Et tue de mes larmes ton chagrin
alors qu’aussi de ton âme notre amour survient

 

Cat says :

Ne t’égare pas aux eaux asséchées en mèle ancolie, là où les doigts en serre n’agrippent que le vent du temps qui trépasse. Le soleil aride ne luit plus, les derniers mots ont brûlés au feu de lassitude en mémoire décomposée. Rien ne peut se retenir qui ne s’enfuit déjà aux caresses de l’oubli car là n’est pas la route … Rien ne peut survivre qui ne meurt déjà aux tentations humaines car là n’est pas la source … L’âme tremble et frémit, au souffle de l’origine, et le chant lointain imprime sur son cœur le souvenir en éternité et nulles paroles ne ferment le ciel. Et l’âme chemine, soupire, et l’âme aspire et abat en foi le mur qui se lamente. Puis, elle se retire pour se redire la maux dite histoire, le cœur en croix, rongé aux clous rouillés de sa désolation. Mais à l’aube des nuits et des jours, de plus en plus proche encore, elle affleure enfin en caresse la mémoire de la sordide histoire, sublimant là ici et demain l’homme humanisé en amante éternelle. Alors le ciel s’ouvre aux retrouvailles et y accueille là l’amour reconnu.

Cat

Nocturna … Luminosità

Nocturna 

Ce qu’il y a de terrible c’est dans vent de mon coeur
que l’on s’enflamme que l’on s’engouffre 
ceux qu’il y havre de terreurs dans un soleil nocturne
Diviser ce cadran en quarte et en tiers tant
de ciel se purifie à plein dans mon coeur
ceux qui ne le sève hurleront bien plus mort
Et dans les causes de lion des odeurs de lune
quand dans les désirs de sable s’enlisent mes peurs
mais tu le savais déjà nos ailes ne peuvent servir sans plumes
ne reste alors que la pluie langoureuse 
qui coule sur nos peaux d’amoureuses
damant nos salves de cuir dans des salves de coeur
d’amants sur ces chairs ne progressent que nos baisers lueurs
millions de souvenirs qui s’éloignent au delà des tendances
Diviser ce quart temp pour en corps murir
the way of the dark où l’île n’est que lumière
doubler les éléments pour n’en pluie mourir loin
et tant de pis pour celles qui chantent si malheureusement l’amour loin
je les vois plutôt dans les étables savanes de l’âme mûre lion.
Ce qu’il y a de terrible c’est dans vent de mon coeur
que l’on s’enflamme que l’on s’engouffre 
the way of the dark où l’île n’est que lumière
ce qu’il y a de terreur dans un si elle nocturne.
 
Pant 2006 

Luminosità by cat 

La stupéfiance se trouve en myriades d’âmes
Que l’on s’embrase que l’on s’introduise
En port de hasard blafard dans une lune arborescence
Re lier ce quatre temps en un tempo de brume nébuleuse à vide en ma mémoire
Ceux là qui en cale sèche sans cri bien au-delà de la vie
Et dans les effets bouillonnants des effluences d’orage
Quand dans les impatiences d’eau s’en lavent mes frayeurs
Mais je le savais déjà que nos plumes nous serviraient en vol
En embrasement de l’immensité nacrée
Qui s’épanche dans nos sangs bouillonnants
Damnant nos âmes en chaîne dans des larmes semence
D’amarante sur ces pulpes en appétences sensuelles
Moult fraîcheurs qui s’approchent au-dedans des voluptés
Re lier ce dixième temps pour tous jours désirer
L’Arte della luminosità où la chair n’est que magie
Fondre à l’uni son pour n’en point finir là
Et tandis que ceux là qui déflorent si indûment l’hymen là
Je les vois seulement dans les pampas vides de l’esprit mort né.
La stupéfiance se trouve en myriades d’âmes
Que l’on s’embrase que l’on s’introduise
L’Arte della luminosità où la chair n’est que mystère
Emportés en bonne heure dans un je lui diurne.
Cat 2006 

 

Une nuit

Comment se rêver
dans des sanglots de tonnerre
et tout cet hiver 
que le temps perd
comme en c’est
  
L’apprend tissage à s’isoler sur la trame
un beau morceau de coeur
des mots ronds comme pomme
mais voyez plutôt les arêtes comme axe
et si chaque pose est sous contrôle
même mes maux
et si chaque prose est sans contrôle
où se cachera Némo
Car personne n’est à l’abri
esseulé dans un peuplé caractère
 
reste-t-il des rivages loin de peuples de ce temps qui erre
où s’allonger sur un sable natif au sang gommé de cristaux
nous procurera cette heure infinie qui se trouve au delà
de nos éternités
plus une nuit
 

Pant  2006

Un jour
Comme un matin plaisantin
dans des cascades jaillissantes d’éclats de rire
et tout ce printemps joie eux
que le temps offrande
comme en cadeau
A prêter à s’exposer sur la toile
un joli pant d’âme
des paroles joufflues comme des joues de bébé
mais appréciez plus tôt l’arrondi axial
et si chaque posture est sous maîtrise
même mes joies
et si chaque discours est sens raison
ou se terrera Nemrod
car nul n’est à couvert
d’habiter dans l’autre Soi
où subsiste des étendues près de ce tant qui ère
où s’étirer sur un chant né
de semence formée d’émeraude
nous adoucira ce temps fini du deçà de nos existences
plus un jour
cat 2006

PaRfuM d’HiVer by Zorica

PaRfuM d’HiVer.
  

FLeURS
 De MéLAnCoLie.SUr Les tROtToiRs

rEcOUveRtS  dENEiGe cRisSeNt Les sEMeLLes eN

DétReSse.De nOUvEau fLEuRisSeNt dANs

LeS pENséEs Du sOiR Les AMaRyLLis Du

DéSEsPoiR.Sur LEs Murs cRAsSeUx

avANceNt Des SiLHouEtTes

VêtUEs dE

sOLitUDe.

DaNs Le vERre

De

La NuiT Se

DéSAgRègE Le

SCiNtiLLeMeNt

Des éTOiLes.

Des PAuPièRes

cLOsEs s’éCOuLe

La PeiNe

 iNfiNiE.

 09/02/06

Padeau OlivieR

sculpté par  Zorica Sentic

www.zorica.net

Tu-e

Tue l’invente
ce moi
qui brûle jusqu’à les moi
jusqu’à l’émoi
Tu
sou-p-t-ire loin de colère
d’aussi beaux raisins
qui or-ont d’aussi belles raisons
que ces baisers tissés
par nos souffles
dans les poumons de la stase
à se jouir
à se nuir
Pant 2006
http://pant.savarts.com/2006/04/