Si tu l’voyais

Si tu l’voyais
Se déhancher sur les vieux ports,
Il marche comme on pleure
Dans les brumes
Des matins gris.

St tu l’voyais,
La clope au bec
Et la musique, le blues,
Toujours à l’oreille.

Si tu l’approches,
Tu croiras qu’il fredonne,
Mais non
Il parle seul,
A un fantôme.

Si tu l’voyais,
Tu l’entendrais dire : si tu t’en vas,
Alors tu m’oublieras,
Tout s’oubliera

Parfois sur le quai,
Au bord de la jetée
Il s’arrête, respire
Regarde la mer,
Et attend des heures durant
Un improbable bateau.

Si tu l’voyais,
Tu saurais qu’souvent il a rêvé,
A ces terres lointaines
Dont on ne revient pas.

Puis la brume l’a enveloppé,
Les matins gris l’ont absorbé,
Et avec eux l’envie,
La mort est là qui sommeille,
Il le sait.

Si tu l’voyais continuer à parler,
A dire tous ces mots à son fantôme,
Celui qui un jour
L’a laissé là,
Comme on quitte les amours qui se meurent.

Si tu l’voyais,
tu saurais qu’il s’est accroché
A la peur
Celle qui fait tenir debout, encore
En attendant le triomphe de la mort
Au coin d’un quai, pas loin d’une jetée
Un matin brumeux d’un temps bien gris.

Cat

J’étais petite …

J’étais petite alors

Comme une luciole

Ou un feu follet

Le cœur plein de mirages

Et des mots comme des contes,

Je croyais en l’éternité

Et à la vie, sans fin !

Et puis l’aventure a commencé

Une nuit

Comme un rêve

Ou bien était-ce un cauchemar

Indicible

Touchée à l’intime de la peau

Mise à nue

Un instant au milieu de nulle part

Comme un effroi

La vie, l’amour,

Tout se meurt,

Tout se désespère

Tout s’amenuise

Moi aussi !

Cat

En cas d’amour ..

En cas d’amour, de l’autre côté

Où assouvir sa peau, affamée

A déborder, dégueuler l’émotion.

Mais les mots brûlent à couper la conviction

Et ils claquent comme des rasoirs

Estafilent … et là commence l’histoire !

Un matin trop d’mémoire,

Bitume détrempé, en miroir

Sur le trottoir, une ombre frêle

Atemporelle

Pleure à vomir son existence,

Car nul ne peut retenir l’absence.

Tout recommencer, tout revivre,

Relier même si pour encore rater,

L’idée l’enivre,

Le temps est bref, trop … Oser

Se débarrasser de l’obscurité, de la lassitude,

Crier au jour qui se lève sa certitude.

Les yeux brûlent un peu … trop de lumière

Chasser encore la nuit, s’ébrouer

Tendre la main à cet autre mystère

En silence, doucement, et juste se taire

Puis attendre, n’être plus que désir

Suspendu, comme mort, sans souvenir.

L’autre n’a rien dit, pas même un souffle,

Et au bord du vide, le désespoir boursoufle.

Alors la nuit se referme, froide et mortelle,

Sur l’homme qui s’éraille, chancelle,

Puis s’effrite anéanti

Dans une infinie mélancolie.

fait pas bon mal aimer par ces temps incertains

fait pas bon espérer l’autre

fait pas bon croire que la vie est simple

Fait pas bon !!!

Cat

Il s’disait …

Il s’disait que c’était dingue c’qu’il entassait dans ses poches,
6 au total dans son jean préféré
un kleenex même pas neuf,
D’la tune, pas la fortune,
Un ticket de métro, souvenir de Panane
Loin déjà tous ces souvenirs
Paname et les potes là bas,
Vague à l’âme  
Puis au fin fond
enfoui, délavé, passé mille fois à la machine
Au moins
Un p’tit bout de post-it, froissé, à peine lisible
Et dessus un numéro de portable
Sans nom, chelou mais
sûrement important
sinon il l’aurait largué, sûr
Prise de tête pour savoir qui,
Appeler peut être
Un soir au hasard
Vers 18h quand tout est calme
Et puis non finalement
Il pense que le rêve est sûrement plus cool que la vraie réalité
Alors il l’a remis à sa place pour un énième lavage à venir,
Illisible il deviendra tôt ou tard
Il s’disait que c’était dingue c’qu’il entassait dans ses poches
Mais ce p’tit bout de papier
Resté là enfoui dans son jean
Comme un morceau de rêve !

cat

Merci Prax

Ça faisait un moment…

Ça faisait un moment que j’traversais des contrées un peu sauvages,
Un peu désertes, un peu étranges,
J’y croisais parfois quelques personnes, rares
Mais j’avais la rage en moi, alors j’leur parlais pas !
Seule j’étais bien, j’avais rien à partager pas même ma hargne,
Et d’toutes façons, ils comprendraient pas !
Puis un matin, genre ensoleillé, j’me suis écartée d’ma route,
Pour un chemin de traverse
Qu’est-ce qui m’a pris ce jour là ?
Une soudaine envie d’me dire,
de communiquer,
de partager
p’têtre,
j’saurais pas le dire vraiment
mais j’ai parlé de moi, l’autre a écouté, entendu,
puis répondu
puis j’me suis lâchée, me suis laissée bercer, caresser
par les mots, des mots à n’en plus finir
qui brassent du rêve et de l’espoir
et j’y ai cru, j’ai fondu, 
et baissé ma garde,
puis j’ai aimé ça avec ma rage et ma hargne,
Furieusement, intensément.

Ça fait déjà un bout d’temps de ça et il a coulé
De l’eau dans les yeux depuis ct’histoire,
Mais les mots sont restés là
Bien à l’abri, oui, rien qu’les mots, mieux que rien.

Alors un matin, j’ai repris ma route vers ces contrées sauvages,
Un peu désertes, un peu étranges
Juste avec ma hargne,
Et aussi un p’tit bout d’amour dans ma rage.

Cat

J’veux pas …

J’veux pas de promesses
Qui s’font la malle dès qu’on les prononce
Je ne veux pas de mots qui m’entortillent,
Je ne veux pas de semblant, j’veux pas d’absence

Si je dois traverser la rue seule,
Alors ne  tends pas la main, et
Fais pas semblant de me retenir
Laisse moi filer

Même si tu chiales, ça passera
Le temps est là pour nous crever
Et aussi pour faire oublier
Les bleus noirs
Les coups
Et les bagarres
Celles qu’on livre contre soi

Je ne veux pas de promesses
Qui s’font la malle dès qu’on les prononce
Je ne veux pas de mots qui m’entortillent,
Je ne veux pas de semblant, j’veux pas d’absence

Comment te dire que je t’aime sans cracher
Ces mots, passés, dépassés, dévoyés
Je t’ai dans la peau serait mieux ou
Je t’ai à la bonne
Mais si tu ne piges pas que je te veux là
Alors comme dit la chanson
« J’ferai de nous deux mon plus beau souvenir »
Et j’ vais pas te mentir
J’te dirai adieu 

J’veux plus de promesses
Qui s’font la malle dès qu’on les prononce
Je ne veux plus de mots qui m’entortillent,
Je ne veux plus de semblant, j’veux plus d’absence.

Cat

« essai sur cette nouvelle écriture qu’est le slam inspiré bien sûr de Grand corps malade »