Ce que je dis ..

Ce que je dis n’est pas ce que tu crois.

Trainant dans ces rues et ces chemins déserts,

Tout en détours et en contours.

Ce que je dis, c’est ce que mes mots créent,

Pour porter au lointain tes paroles vides.

Ce que je dis raconte l’amour et la vie,

Et des histoires comme des comptines.

Tout ce que je tente,

Tout ce que je fais,

Tout ce que je pense,

Tout ce que je saigne

Efface le mensonge dont tu t’habilles.

Le soleil ..

Le soleil se voilait,
La nuit s’annonçait
Dans une soudaine fraîcheur
Qui le fit frissonner.

Il sait ces soirs
Où la langueur
Se pose.
Il ferme les yeux,
Inspire,
Ressent,
Pressent.

Le noir gagne
Comme un sommeil
Qui pourtant le fuira,
Comme souvent.

Il voudrait dire
Cet impossible à dire,
Mais à qui ?
Parler de ce vide abritant sa vie,
Comme un désespoir muet
Une béance,
Une absence.

Il regarde Paris s’éteindre,
S’immobiliser dans un silence
Comme un temps éternel,
Où lui seul demeure.

Il ne cherche plus
Ni ne demande,
Il est là … et ailleurs
Le passé, le présent, le futur
Se troublent, se confondent
S’entrecroisent,
S’annihilent
Et lui s’y perd.

Il y a longtemps
Sur ce quai de seine,
Une femme jouait un air,
L’air de rien.
Lui écoutait,
Condensant sa vie
Dans une partition.

Il tente mais en vain
De se rappeler les notes,
Celles qui l’ont enfermé
Dans un rêve sans fin,
Une sorte d’éternité
Sans histoire,
Où la sienne s’est perdue.

Eraflure

Cette éraflure

Sur la pointe du sein,

Qui n’en finit pas de jaillir

Comme une mer de chagrin.

Il crie, le cœur à nu,

Dans ces nuits

Qui ne savent mourir.

Tout le monde s’en fout,

De ses larmes vides

D’où il s’échappe.

Il s’invente des raisons

Pour ne plus se retourner.

Et le vent hurle

A son souffle,

A sa peau.

Le sable sous ses pieds,

Au creux du désert,

Il n’est déjà plus

Emporté par la dune.

Son propre souvenir

S’éraille

Ses pas s’effacent

Comme un désespoir !

Songe …

Songe d’amour perpétuel
Comme une Caresse éternelle

Et puis
Des silences de mots
Tels des orages
Doux comme un regard
Chauds comme une main
Sublimes

Une minute,
Ou bien une seconde,
Comme un souffle
Sur la peau
Effleurement
D’un murmure

Serait-ce un rêve
D’une nuit sans fin,
Ni repue, ni affamée
Juste bien,
Juste là
Envie

Et aimer
Seulement
Infiniment,
Intensément.

Le miroir

Etre et paraître,

Dans ton visage qui se mire.

Comme une esquisse.

D’un monde qui s’y dessine

Comme une réalité.

Le regard se regarde.

Le visage voit le visage.

Voir et se voir,

Tu te penches,

Face à ton image

Et tu te penses.

Mais le miroir se joue

De ton reflet

Car seul ton cœur s’y trouve

Si clair

Te révélant ce qui l’agite

De te nommer tu ne le peux

Qui tu es, tu ne le vois

Car ce qui se mire

N’est qu’une image renvoyée

Une vérité déformée

Face au miroir,

Tu te confrontes au temps,

Tu te vois éphémère

Contemplant ta figure

Mouvante

Dans une tragique rapidité

Pas de complaisance à se contempler,

A chaque regard,

Les saisons s’enchainent

Inexorablement.

Et tu restes soumis aux marques du temps.

Plongé dans cette eau dormante

Profonde et pure,

Son éclat froid te traverse

Dans un absolu intérieur.

Le miroir joue en reflets infinis,

S’ouvrant sur l’espace même de ton propre mystère.

Cat

Ertîarap te ertE,

.erim es iuq egasiv not snaD

.essiuqse enu emmoC

Enissed y’s iuq ednom nu’D

Etilaér enu emmoC

Edrager es drager eL

Egasiv el toiv egasiv eL.

Riov es te riov

Sehcnep et uT

Egami not à ecaF

Sesnep et ut te

Euoj es riorim el saiM

Telfer not eD

Evuort y’s rueoc not lues raC

Rialc iS

Etiga’l iuq ec tnalévér eT

Xuep el en ut remmon et eD

Siov el en ut, se ut iuQ

Erim es iuq ec raC

Eéyovner egami enu’q tse’N

Eémroféd étirév enU

Riorim ua ecaF,

,spmet ua setnorfnoc et uT

Erèméhpé soiv et uT

Erugif at tnalpmetnoC

etnavuoM

étidipar euqigart enu sanD

,relpmetnoc es à ecnasialpmoc ed saP

,drager euqahc A,

Tneniahcne’s snosias esL

.tnemelbaroxenI

.Spmet ud seuqram xau simuos setser ut Te

Etnamrod uae enu snad égnolP

,eruo te ednoforP

Esrevart et diorf talcé noS

.rueirétni ulosba nu snaD

,sinufni stelfer ne euoj riorim eL

.erètsym reporp not ed emêm ecapse’l rus tnarvuo’S

Tac

C’était comme …

C’était comme un désir,

Qui s’expansait, enflait.

Une folie de vivre

La toute puissance des impossibles,

Telle une gourmandise.

Dire, bousculer, sans se figer

Crier à clarifier les mots comme les actes

Etre debout et renier les règles,

Celles qui tuent à coup de certitudes figées.

Il refusait cette insolence faible

De ceux qui au fond n’ont rien à dire.

Lui improvisait, hors du connu,

Du sens commun

Loin des sentiers battus.

Il osait poser sa singularité,

Même fragile,

Et croyait en la grâce.

Rien disait-il ne doit se réduire à la médiocrité.

Au contraire, il visait l’extraordinaire,

Le mystère à percer d’une existence

Désirante,

De mots d’amour,

De regards,

De je t’aime,

De je vous aime.

Il voulait des relations passionnées,

Comme une beauté fragile qui touche

Telle une intensité vivante.

Et y croire,

Puis s’ouvrir, offrir,

Ne rien cacher, ne rien voiler.

Il se disait relié, sans effort,

Et marchait sur son propre chemin

Dans un temps à lui,

Sans écarter l’Autre,

Comme une élégance.

Les dimanches ..

C’était un de ses dimanche morne et sans saveur, s’étirant en longueur. Tout ronronnait, le chat, la pluie, moi aussi.

Il aurait fallu sortir du réel, s’inventer un jour différent, un ailleurs verdoyant, des cris, un soleil comme un rire, aux éclats, de l’amour comme une œuvre d’art ; enfin ne plus se réduire en un point confus, presque inexistant, un moment perdu suspendu à rien. Les dimanches sont comme les vieux, assis le regard perdu, sur ces bancs, passant le peu de temps qu’il leur reste sans plus le vivre, attendant là ce qu’ils craignent et qui pourtant s’annonce, la mort ! Mais la vie n’est-elle pas essentiellement supportable que parce qu’on sait qu’elle finira* ?

Cesser, stopper, ou alors recommencer mais comment sortir du raisonnable ? Faire comme un vieux ruisseau fougueux qui, subitement, quitterait son lit, apeuré mais décidé, pour se jeter dans l’inconnu ?.

Je marchais dans ces rues désertes et humides, attendant un charme, une sorte de miracle dont j’aurais été le créateur mais les murs que l’on construit au fil des années, avec application, sortis tout droit d’un triste cerveau sans imagination, ne s’écroulent pas si facilement.

Quelle serait cette nécessité de vérité à trouver, que sait-on de la réalité de la vie, celle qui nous fuit comme ces rêves qui, au réveil, nous échappent. Pour autant, il y a là comme le sentiment d’un tout possible, peut-être faudrait-il juste un quart de tour de la pensée, un saut quantique de l’autre côté, là où les jardins embaument, comme un paradis perdu donc à retrouver. Là où les mots comme des abimes ne diraient plus rien. Et faire preuve de vivacité passionnée alors il arriverait quelque chose, comme une invention, et puis trouver la note exacte le La dans lequel se concentre toute la mélodie, exploser la vie ?

Enfin juste un instant devenir génial dans un désir condensé qui ferait cesser de penser à plat, et oublier l’angoisse insupportable de l’inconvénient d’être né. Et puis ne pas se suicider de suite et chaque jour puisqu’il y a encore quelqu’un à décevoir*.

L’homme est une fiente, absurdement médiocre, je n’échappe pas à cette règle même si de toute ma peau, je m’en défends. L’angélisme est un leurre et il faudrait cesser de se croire légitime puisque ce n’est que de l’Autre que cela provient. Prendre la mesure de sa propre disparition, comme chacun, tel un fétu de paille balloté par le vent mauvais des dimanches mornes et sans saveur.

Cat

*Lacan

*Luchini

Les mots

Je hume les mots
Comme je les bois
Dans un silence
D’univers infini

Ce n’est rien, juste des mots
Comme des mondes
Qui se forment
Dedans

Les mots se croient
Comme je les croise
Lentement,
Langoureusement
Sans y toucher

Je regarde les mots
Comme je les écrits
Pareils à des étoiles déliées
Ou reliées

Les mots se boivent
Comme je les mange
Goulûment
Férocement
A m’en enivrer

Je joue avec les mots
Comme avec les couleurs,
Ou les odeurs
Lointaines
Et familières.

Je sonne des mots
Comme des trompettes
Sur les pavés luisants
Où je me glisse,
La nuit

Les mots,
Ceux que tu donnes
Ceux que tu prends
Comme des douceurs,
Ou des horreurs,

Des mots comme la mort
Ou la vie !

Je prends tes mots,
Je les digère,
Légère

Je les ai
Je les aime !

Cat

ce que je dis …

Ce que je dis c’est ce que tu entends

Et ce que je dis n’est pas ce que je crois

Mon cœur est un solitaire,

Livrant bataille dans les caves,

Et les tunnels,

Creusant des tranchées

Cherchant les noirs méandres de sombres chemins


Ce que je dis ce ne sont que des mots

Empruntés, limités,

Et si je saigne c’est en dedans, seulement

D’une vie désolée, à ne pas tuer l’enfant qui croit

Et porte comme l’emprunte indélébile

D’histoires, de contes, de mystères.


Ce que je dis là, ne le crois pas !

Ne l’écoute pas, n’y réponds pas

Tu ne le peux

Car au fond tu n’es pas celui

Car au fond tu ne seras jamais celui

Seul un destin fou m’attend,


Ce que je dis là, ne t’y attarde pas

Et si la route est par là,

C’est au détour, au décours d’un mot imprononçable,

Mensonger

Comme quelque chose qui en moi éclate

Tyrannique

Maléfique

Sans accès


Ce que je dis là ne concerne que moi

Et la source ne s’atteint que seul

Entre eau, terre et feu,

Le tribut à payer pour qu’émerge le souffle, la vie

Pour que le désir affleure,

Comme une lumière qui fascine

Une eau jaillissante

Une certitude libre

Juste avant la mort.

Cat

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