C’était une femme entre pas d’âges,
Déjà bien trop vieille de toutes façons,
Le teint terne et bouffi
Et le ventre gonflé
De trop de mauvais vins.
Elle s’était assise là,
Au milieu d’la rue,
Dans un moment de faiblesse extrême,
Puis progressivement glissait dans l’oubli
Quand je suis passée, j’ai pas vu ses yeux mais
J’ai su qu’elle allait mourir,
Le teint noir déjà, le souffle court, le gasp
J’ai tenu sa tête pour pas qu’elle se blesse,
Et puis la main sur son pouls
J’ai fait le 18. Au secours !
Mon ptain portable ne prenait plus les 1,
J’ai biaisé pour appeler quand même,
Les pompiers qui me disaient
Dites nous si elle est seule,
Ben oui elle est seule
Une pauv’femme noyée dans le vin et le chagrin
Qui va mourir là parce que l’amour
Elle sait plus bien ce que ça veut dire !
Et puis le médecin du SAMU qui me dit
On arrive !
Ils sont arrivés vite, de jeunes pompiers
Confrontés à tout ce malheur,
Vraiment j’les admire.
Massage cardiaque, masque à oxygène,
Médecin du Samu,
Brancards, sirènes !
Le teint de la femme que je ne connaîtrais jamais,
A repris quelques couleurs,
O pas beaucoup non, trop d’alcool dans le sang,
Trop de peines dans le cœur,
Trop de solitude dans la vie.
La mort encore pas loin !
Oui je sais c’est une histoire triste
Mais c’est une histoire de tous les jours,
Une de celles qui croise parfois votre vie
Et vous laisse avec un goût amer dans la bouche
Un haut le cœur !
J’ai dit aux Pompiers
C’est Ok ?
Oui merci pour elle et le regard de ce jeune dans le mien, j’suis partie,
J’sais pas si elle s’en est sortie
Peut-être ou pas et à bien y réfléchir
P’tête que c’est mieux comme ça.
Pour elle
J’sais pas trop !
J’sais pas vraiment qui il est,
J’lai jamais su
Quelle importance.
J’ai vu juste ses yeux,
Des yeux de loup
Aux abois
Et puis des silences
Comme des mensonges
Une vie en macramé !
Eté comme hiver
Il grelottait,
Non de froid,
Juste la trouille
Collée à son ventre
Mais il criait même pas peur
Avec des bulles de rêves
Tout autour.
Il disait un jour
J’irai en Patagonie
Un jour la liberté
Un jour quand j’serai sorti de ma prison,
Quand j’aurai plus mes chaînes
Avec mon p’tit sac, j’partirai !
Il était touchant
J’regardais ses yeux et j’pensais
Dommage !
Des rêves à pas chers
Mais ptêtre que l’essentiel
C’est d’y croire
C’est sûrement ça la liberté
Partir même si c’est qu’en songe !
Un jour j’suis partie
J’lai plus vu
J’lai plus su
C’est ça la vie,
Je crois qu’il est resté là,
Comme une ombre
Dans la rue !
J’sais pas vraiment qui il était,
J’le saurai jamais
Quelle importance.
J’me rappelle juste ses yeux,
Des yeux de loup
Aux abois
Et puis des silences
Comme des colères
Dans une vie de mascarade !
Cat
re essai slam - je sais normalement on le déclame mais … toute ressemblance avec des personnages existants ne serait que pure coïncidence !
Mon ami Pant vient de créer un espace pour un petit jeu avec les mots, sur les mots
http://partsemees.savarts.com/
Inscrivez vous si ça vous tente, contribuez, venez créer avec Lui/nous/moi, et créons une dynamique légère et poétique.
Seulement deux règles pour écrire un Parts-semées
-doit finir par “qui retombe” conjugaisons autorisées.
-doit comporter 12 blocs.
Il y a déjà deux niveaux d’écriture qui semblent se dégager; le Parts-semées original, et le Parts-semées remixé, recomposé. Sur la version recomposée, les règles ne s’imposent pas, mais on peut toutefois respecter la première.
Je vous mets un exemple de la chose quand même, soyons clairs.
Il pleut Deux lunes
des étrangères
Et Qui s’exaspèrent
Montent Montent et
À la part fin
De l’eau
Des grelots
Qui retombent
Et ces matins mornes qui suivent d’autres hiers sombres,
Où le malaise se collait à un autre lui-même si mal à l’aise,
Pour ne plus être seul, pour être bien, pour être ailleurs comme le chante le grand Jacques
Et pleurer sur quatre mains à se tordre du désespoir
D’être absent à soi même domicilié à ses baisers.
Et puis un matin clair suivant un hier morne,
Le rire s’impose, le rire à ses brisures comme à ses éblouissements,
Et puis écrire encore à l’encre rouge de ses griffures
Presque oubliées… Et les recracher pour y dessiner
De vraies belles plages au sable si fin
Et y construire un château non pas en Espagne ni même de sable,
Y vivre libre, y inventer de nouvelles belles habitudes,
Sortir enfin de la souffrance enfance,
Et ne plus se consumer qu’à l’amour vrai,
A deux mains ouvertes !
C.
Merci à Pant éternel inspirateur
Rires frais à la lune immuable
Un frisson le long de ta peau,
Et ton corps frémissant,
Une âme est là, attendant au vieux port
Sans repères, juste une senteur, une respiration,
Tu ne cours plus, tu avances pas à pas,
Eclats de couleurs dans les yeux, comme un Monet,
Et de l’or comme le bonheur,
Pas même une ombre,
Juste la lumière, vivante et pleine.
Et te posant là en un instant éternel
Au détour de ta route où ta voiture s’arrête enfin.
Et goûtant un vent frais au soleil levant,
En offrande
Tu offres cette mémoire du passé,
Au temps qui oublie tout,
Alors que tout semblait s’enfuir,
Tu restes là, juste là,
Dans cette plaine fleurie où tout se créé
Maintenant.
C.
Merci à Pant pour cette encore belle inspiration http://pant.savarts.com/pant-en-toutes-lettres/2007-serie-noire/plaine-des-memoires/
De Pant : « Vis comme si c’était le dernier jour…”
Ou meurs enfin comme si c’était le premier jour d’un temps non pas vivant mais définitivement illusoire et ce monde qui ne respire que l’incohérence et le non sens …
Poser des maux comme des regards acérés sans autre face à soi, sans âme, pas même celui d’être, l’amour est galvaudé depuis longtemps et Philae et Agapé se retournent dans les limbes d’où ils ne sont jamais sortis réellement.
Etre homme debout toujours même envahi de ses propres démons de chair et de sang, surtout de sang, à l’école non des fous mais de la vie et encore faudrait-il dire ce qu’est la vie et le sens qu’elle n’a pas ou bien lui donner sens …
Et rire de ce rire si qualifié de dément non par humour mais pour refuser justement ce délitement et jeter comme un magicien ses cendres au vent en silence pour ne pas les effrayer et demain quoi demain ? Est-ce un autre jour ? Ou bien juste un éclair de lucidité ?
L’avenir n’est pas indécis, nous le sommes, nous qui ne savons pas avancer comme il le faudrait, mais qui détient la méthode ? L’avenir oui est imprécis, nos pseudos vies sont imprécises, mais n’est-il pas excitant de n’en rien savoir et d’ignorer la mort qui paraît-il nous guette aux tournants ?
Que garder de ce court passage de vie à trépas ou de trépas à vie, de cette brève, très brève petite histoire si ce n’est la sincérité des mots posés là comme une nécessité ?
C.
Merci à mon ami Pant pour cette inspiration
http://pant.savarts.com/
Ecoute, écoute… Dans le silence de ce quai, il y a comme un soupir, comme un suspens, une erreur d’aiguillage. Et le temps s’étire, presque immobile, une sorte d’éternité sombre, où plus rien n’est à dire, pas même à vivre.
Partir en sachant que revenir ne sera guère possible, et fuir en réalité mais quoi et pourquoi ? Et rentrer oui mais pas chez soi en vérité. Repartir juste car il le faut, là où il faut ! Même pas là où se trouve la vie, juste la sécurité d’une survie ! La révolte n’est pas aisée, la tristesse et la résignation sont plus faciles …
Alors rêver pour ne pas tomber, ou mieux dormir dans ce vide de nos vies et ne plus entendre le bruit de ce train qui ne va nulle part !
Ecoute … ce train, tu pourrais ne pas le prendre ! Mais il suffira d’un millionième de seconde pour que tout soit trop tard … encore une stupide histoire de temps … ce temps dont tu dis qu’il n’est qu’illusion …
Vraiment ?
Cat
Il n’est point de pas à faire qui ne me lassent maintenant,
Il n’est point de mots qui ne me blessent à dire ou à entendre,
Je veux ce silence comme un rêve dans mes étoiles
Même si les démons de l’ombre s’y cachent.
Il n’est point de baisers qui ne m’effraient à présent,
Il n’est point de soupirs qui ne me semblent mensonges
Je ne veux ce bruit comme un cauchemar dans ma nuit
Même si les chemins de lumière s’y terrent.
Il n’est point de secours pour celle que je suis,
Il n’est point de main à apaiser ma mémoire.
Je suis celle qui marche seule,
Sans entraves !
Cat
“Si l’on veut créer, il faut sacrifier tout ce qui est superficiel, une partie de sa sécurité et souvent le désir de plaire, afin de faire émerger l’intuition la plus aiguë, les visions les plus profondes.”
Clarissa Pinkola Estes
La patience comme arme, celle des impuissants que l’action effraie !
Est-ce un défaut que cette impatience à vivre, à désirer, à aimer avant que la mort toute puissante nous frappe et ne nous en laisse le temps ?
La patience au seuil de la mort nous serait-elle d’une quelconque utilité contre les regrets d’avoir patiemment attendu de vivre ?
Alors oui je veux vivre et je sais ce que je veux vivre et pourquoi pas maintenant ?
Cat