Momo
Momo …
Momo, tu t’é cris trop fort, en maux dits trop longs et tes pas (d) rôles dans tes ardences dardées. J’entends trop loin tes mots grinçants, vrillant ma peau si lourde sur ses gonds rouillés et mouillés de mes larmes kleenex bon à jeter.
Momo t’es toi, et t’é touffe mes murmures assourdis à tes oreilles qui se replient en Hombre mort calciné à tes lignes en horizon de ma vie ! J’entends pas ! Momo tu m’écartèles à tes phrases qui n’en sont plus et qui n’impriment plus même ma cervelle délestée, tes cris ne se posent même pas sur mon cœur qui comme l’enfant à trop souvent entendu l’histoire du loup dans ses cauchemars … Momo je t’ai me bien tu sais mais Momo mets ta voix en sourdine, tu m’éclates les tympans de tes bizarres ressentis qui n’en sont plus à force d’être mâchés sur le papier crissant sous tes ongles. Momo, fais silence là sur ton œil qui larmoie et écarte ta bouche non pour crier mais pour juste rire un peu, de ce rire bien frais et bien lourd des gens qui rigolent sans savoir ni pouvoir écrire une seule ligne de leur misère !
Momo II
Dis Momo je vois bien que tu fais la moue mu que tu es par je ne sais quelle tourmente intérieure … non ne pleure pas, ne te lamente surtout pas, je déteste les larmoiements, les éternuements, les atermoiements, attitudes lamentables et insupportables … voilà oui Momo, je t’ai dit déjà, je suis infiniment libre et n’ai jamais pu me laisser attraper, juste le laisser croire et bien malappris celui qui s’y laisse prendre, je donne juste quelques secondes de ma vie, une respiration, à peine un semblant d’amour dans sa plus minuscule expression, un rien, juste un affleurement vague sur un cœur trop loin, si peu disponible et qui aspire à tellement plus vaste, plus grand, plus sublime, plus merveilleux … un rêve tu dis Momo, une hérésie, un fantasme ? Voilà bien les réponses d’un sans ambition, sans demain, sans rêves, Momo ta vie est un désert sans relief, oui Momo et tu sais « la morale a cela d’insupportable c’est qu’elle vient toujours des autres » … et puis reste là si tu veux dans cette médiocrité qui enserre dans un étau d’acier le monde qui se dessèche et s’anesthésie … mais Momo, s’il te plaît, ne pleure plus !
Momo III
Oh la Momo, tu dis de grandes phrases oui mais elles se posent sur ton cœur tu crois ? dis Momo, tu hurles à qui veut entendre, tu réclames, tu exiges Momo et que donnes-tu toi … comment t’oublies-tu toi Momo … oui Momo j’entends en toi l’intelligence, la finesse d’esprit, mais l’émotion Momo, l’émotion, celle qui part du ventre, des tripes, celle qui se sait, se voit, se connaît, celle qui emporte au-delà de l’intellect, de la reconnaissance, du aimez-moi MOI, j’ai mal, qui prend tous les risques même celui de se perdre, où est-elle ? tu sais, tu n’as pas l’exclusivité de la souffrance, du vide, Momo et tu peux aimer sans attendre, sans retour … aimer pour aimer, pour le fun Momo, pour ce frémissement là au plexus et aimer puissamment, joyeusement, y trouver de la légèreté, un souffle frais sur tes paupières gonflées, un baume sur ton cœur blessé par l’enfance, aimer l’autre dans son entièreté et dans sa différence parce que tu te rencontres enfin dans ta globalité et que tu peux t’aimer enfin non comme le reflet illusoire vu en l’autre, parce qu’enfin tu te trouves et te connais désormais si bien que plus rien n’est à découvrir … je te le dis Momo rien de ce que tu vois en l’autre n’est ailleurs qu’en toi et si tu y vois des horreurs Momo, elles sont tiennes, totalement, impossible de voir et de reconnaître ce que tu ne connais pas en toi … Noir/Blanc, Ange/démon, oui nous sommes tous dans ce schéma Momo pas la peine de se raconter un film … Voilà Momo, je suis là près de toi mais tu ne me vois pas, je te dis, je me dis mais tu es sourd et aveugle aussi … Momo ce que tu dis être l’amour est engluant et tentaculaire, une geôle aux barreaux apparemment dorés de laquelle il est difficile de s’échapper et dans laquelle on évite d’entrer … car la liberté Momo, si tu ne peux la donner à l’autre c’est que tu ne la connais pas !
Momo IV
Momo, cette angoisse qui te colle aux pompes presque confortable, comme une poisse amie et tu t’y laisses prendre hein Momo, je t’entends geindre, et feindre et dans cet orgueil de ceux de ta race qui ne doutent jamais de rien et filtrent en permanence jusqu’au moindre tressaillement de paupières, trop fier, trop … et tes envies, tes désirs, tes démesures Momo avancent masqués enfermés dans ta prison de vaincu… ô de petites envies certes, de petits espoirs pour de grandes démesures mais qui te dévoileraient Momo, trop, face à tous ceux qui, tu le croies, te regardent, t’attendent au tournant alors que je vais te dire, ils s’en foutent Momo, l’indifférence est générale, et tant va chacun à ses occupations sans ni entendre, ni comprendre, ni sentir mais Momo pour se dire vraiment, pour être enfin, faut aller au bout, ouvrir une brèche, un gouffre, un abîme, sauter dans les vides des autres et lâcher jusqu’au moindre centime de sa vie, se laisser traquer, violer, déflorer, perdre sa superbe en même temps que sa virginité et crier au monde, sa folle envie de vivre, son rêve d’amour, s’y soumettre totalement, et rire Momo, exploser de rire, en mourir peut-être éclaté de joie, jouer le dernier rôle, le plus beau, l’ultime celui qui dit la déraison de la vie telle qu’elle se voit, telle qu’elle se croit … comme une grande scène de théâtre dans laquelle chacun endosse un rôle, un visage, un subterfuge, du cinéma quoi ! sans se rencontrer jamais !
Momo V
Finalement Momo, je te regarde, je t’analyse depuis un moment … j’écoute ce que tu dis mais plus encore je vois ce que tu fais, tu sais bien je te l’ai dit, je ne vois toujours que les actes et en réalité Momo, tu fais tout tout seul, dans ton coin, tu tranches, décides, arbitrairement sans même te préoccuper de ce que pensent ceux qui t’entourent … Tu vois je vais te dire Momo l’égocentrisme, tu sais, ça te tuera … seul tu es, seul tu finiras … parce qu’en réalité en dehors de toi Momo, y a-t-il quelqu’un qui t’intéresse ? Écoutes-tu les messages que t’envoient certains de ceux qui t’apprécient Momo ? … tu dis que les gens ne te sont pas reconnaissants de tout ce que tu fais pour eux … mais que fais-tu pour eux ? car en réalité tu ne fais toujours les choses que pour toi … L’orgueil Momo, l’orgueil est de se croire toujours plus que les autres, plus généreux, plus intelligent, plus grand, plus doué, plus talentueux … mais quand je regarde ta vie Momo, si médiocrement banale, si imbue d’elle-même, je me lamente pour toi … tu n’as en réalité ni compassion, ni sentiment, ni générosité tout est en surface, tu ne tournes toujours qu’autour de ton nombril et tu n’aimes que ceux qui te renvoient une belle image de ce que tu pourrais être mais au fond … sais-tu toi-même qui tu es et sans doute serait-ce dangereux que tu découvres tes zones d’ombre et que tu les acceptes … Momo, tu sais, je ne t’en veux pas mais l’amour, Momo, l’amour, le vrai, le profond, le gratuit, l’amour en don pour le fun et l’écoute aussi, l’attention à l’autre et l’entendre vraiment, tu sais Momo, c’est super ça, mais pour cela encore faudrait-il que tu cesses d’hurler et de croire que toi, toi Momo, tu es le centre du monde …
Momo VI
Momo je vais te dire tu m’exaspères, tu me fatigues … je t’écoute divaguer en continu sur tes problèmes, tes errances, tes divagations … Momo j’ai tenté parfois de te parler comme ça, une envie soudaine de te dire que moi aussi, j’ai mes propres errances … j’ai adoré ta façon si prévisible -et je te rassure si tant est d’ailleurs que tu en aies besoin, beaucoup fonctionne ainsi à de rares exceptions près- de me dire « je te comprends » pour immédiatement enchaîner sur le « ben moi tu sais c’est pareil … » et partir là sur des explications sans fin de ces problèmes Momo que tu juges si importants, si vitaux, et là intérieurement Momo, je me moque de toi, je me marre tellement ton attitude est pathétique … et encore une fois je pense que cet éternel souci de s’identifier, de se croire semblable et surtout de tout ramener toujours à son petit nombril est une constante. Quelque part tu sais Momo, ça m’est égal, je sais depuis longtemps que personne n’écoute personne, toi pas plus que les autres d’ailleurs … mais tu sais Momo quand tu enfermes l’autre dans ton histoire, tu ne peux pas l’entendre, le dialogue ne peut pas s’instaurer, car dans ce cas Momo, celui qui dans son effort désespéré de se dire, tu le renies en l’engouffrant dans ton propre ressenti, tu ne le reconnais pas … alors je t’écoute, je te teste aussi un peu … je souris aussi un peu, parfois aussi Momo, je te le dis tu m’insupportes …
Momo VII
Ah Momo, tu me gaves à parler d’amour tout le temps et à le mettre à toutes les sauces… Qu’est-ce que tu sais de l’amour toi, dis-moi, explique moi ? Ah oui je vois Momo, cet espèce d’ersatz de sentiment bizarre, ce foetus mort né qui agglutine, emprisonne, absorbe l’autre, le dissout … Mais ce n’est pas l’amour ça Momo, c’est de l’égoïsme, tu confonds les genres là … une question Momo, as-tu déjà tenté d’aimer quelqu’un qui te détestait ? Je crois Momo que cet amour là s’appelle l’amour inconditionnel, tu sais celui qui se donne sans rien demander en échange … Oui t’as raison Momo c’est difficile d’aimer quelqu’un qui te déteste, ou d’aimer même quelqu’un que tu laisses totalement froid, c’est clair et je vois bien que ce que je te dis t’échappe complètement mais c’est bien le drame Momo et tu n’es pas seul, cette approche échappe à beaucoup et je te le dis tu te fourvoies, tu n’as jamais aimé que toi-même Momo à travers l’image que l’autre t’envoie et encore seulement si elle est satisfaisante évidemment … Moi je te le dis seul l’amour sans attente, sorte d’altruisme est valable et bien sûr Momo que c’est possible en couple mais seulement quand les deux sont équilibrés, savent qui ils sont et ne cherchent pas à se voir dans le regard de l’autre … Aimer vraiment Momo c’est accepter l’autre et ses différences, c’est l’aimer pour lui-même sans vouloir ni le rallier à ses propres émotions ou opinions, c’est le laisser libre, c’est accepter qu’il ne soit pas toi Momo, tu vois ? ça t’épate tout çà Momo, ça te laisse perplexe et oui, je sais … la perplexité dans ce domaine en touche plus d’un … malheureusement … et parler d’amour revient au fond et comme l’a écrit quelqu’un récemment, à dire un énorme gros mot !




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